Exclusif au suppl�ment Internet (Adobe Acrobat, 386Kb) d'Alibis 1, Hiver 2001/2002
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Sexe et violence. Meurtres et myst�res. D�tectives, policiers, espions et justiciers. Truands, terroristes, trafiquants et timor�s. Revolvers, mitrailleuses et armes nucl�aires. Motocyclettes Harley-Davidson, voitures sport Porsche et h�licopt�res Apache. S�duction et trahison. �vasions, affrontements et r�v�lations. �tes-vous pr�ts ? Car tout cela vous attend dans... camera oscura!
De l�importance du genre policier au cin�maAu premier abord, il peut sembler �trange qu�une revue litt�raire se dote d�une chronique cin�ma. Pourtant, contrairement aux autres genres dits �populaires�, le cin�ma policier a rapidement obtenu ses lettres de noblesse. Et actuellement, sans jamais renier sa volont� d��tre avant tout un divertissement, il poss�de toujours une solide r�putation aupr�s des critiques de cin�ma. Examinez la liste des 100 meilleurs films choisis par l�American Film Institute ( http://www.afionline.org/100movies/ ) et vous y verrez une s�lection enviable de films associ�s aux genres couverts par la revue Alibis (le polar, le myst�re et le noir), qui va de The Big Sleep � Anatomy of a Murder, de Bonnie and Clyde � Run Silent Run Deep. Au cours des ann�es 90 seulement, le cin�ma policier a connu plusieurs succ�s �clatants : pensons � The Silence of the Lambs (Oscar 1991 du meilleur film), � Se7en, mais aussi � The Usual Suspects, � Goodfellas et � L.A. Confidential... Bref, le cin�ma policier a produit des chefs-d��uvre. L� o� la question devient d�int�r�t pour les lecteurs d�Alibis, c�est que ces r�ussites cin�matographiques sont rarement comparables aux �uvres �crites du genre. Il s�agit effectivement d�une fa�on diff�rente de conter des histoires noires. Le cin�ma a d�velopp� un ensemble d�outils � suspense qui peut parfois ressembler � celui des romans ou des nouvelles, mais qui a un impact diff�rent sur son public. Une bombe � retardement n�est jamais aussi efficace sur papier que sur pellicule. Les artisans du cin�ma de suspense les plus dou�s ont m�me acquis une renomm�es de cr�ateurs � celle des �crivains du genre. L�exemple d�Alfred Hitchcock est r�v�lateur : c�est en grande partie gr�ce � lui que les possessive credits (Eg : �Un film de James Cameron�) existent puisqu�� l��poque la Writer�s Guild of America avait jug� que, au-del� du script, le r�alisateur apportait � chacun de ses films une empreinte tout aussi distincte que celle des sc�naristes. Bref, malgr� les navets que l�on nous y sert souvent, le cin�ma s�av�re un champ cr�atif aussi digne d��tude que celui de la litt�rature. Cela dit, il serait �galement futile de nier les influences qu�a le cin�ma sur la litt�rature et vice-versa. Michael Crichton aurait-il la m�me �criture s�il n�avait pas autant d�exp�rience comme r�alisateur ? La tradition du roman hardboiled n�est-elle pas influenc�e par les films classiques d�une certaine �poque ? De plus, la port�e d�un film moyen est de loin sup�rieure � celle d�un livre, m�me un best-seller. Clear and Present Danger de Tom Clancy a �t�, selon certaines sources, le roman le plus vendu des ann�es 80. Le film n�a connu qu�un succ�s modeste. Et pourtant, demandez autour de vous et vous verrez que beaucoup plus de gens sont familiers avec le film qu�avec le livre. L�id�e que le public g�n�ral se fait du policier est directement influenc�e par ce qu�il voit. Pour toutes ces raisons, Alibis vous offre donc Camera oscura, une chronique qui a pour but de traiter ce qui vaut d��tre remarqu� au cin�ma dans la palette de genres de pr�dilection de la revue. � chaque trimestre, cette chronique se penchera sur les films parus en salle et sur ceux disponibles sur vid�o, en plus de ceux qui sortiront dans les semaines suivant la parution du num�ro courant d�Alibis. Avec un peu de chance, Camera oscura deviendra une ressource pour vous signaler ce qui m�rite d��tre vu dans le genre... et pourquoi.
Vol au-dessus d�une premi�re saisonPour ce num�ro-ci, l��ventail des films vus en salle n�est pas particuli�rement attrayant. L��t� 2001 ayant g�n�ralement �t� d�une qualit� d�cevante, les genres favoris d�Alibis n�ont pas �t� mieux servis. La sortie incontournable du dernier trimestre est donc sans doute The Score, non pas pour sa qualit� sup�rieure (m�me si les critiques ont dans l�ensemble �t� favorables), mais bien parce que le film se d�roule explicitement � Montr�al. Ce n�est pas une premi�re pour un gros film am�ricain (pensons � la com�die polici�re The Whole Nine Yards, sortie l�an dernier), mais ce n�est jamais d�plaisant de voir une ville famili�re sur nos �crans. Dans The Score, Robert de Niro joue le r�le d�un voleur professionnel. Il veut prendre sa retraite mais, �videmment, on lui demande d�ex�cuter �une derni�re affaire� : le cambriolage d�un objet pr�cieux dans un entrep�t des douanes au c�ur de Montr�al. Marlon Brando (dans un r�le bien ordinaire) organise toute l�affaire et Edward Norton joue un autre voleur plus agressif, moins exp�riment�, mais qui a r�ussi � s�infiltrer dans le b�timent. Le probl�me avec The Score, c�est la structure, trop lin�aire, qui ne permet pas au film d��tre surprenant. Il y a retournement et contre-retournement, certes, mais rien que vous ne puissiez pr�dire rapidement. Mis � part le cambriolage final, le film n�est qu�une minutieuse pr�paration, jamais inint�ressante mais qui peut appara�tre longue. Cela dit, c�est un film r�alis� et interpr�t� avec grande comp�tence, m�me si on aurait pu s�attendre � plus �tant donn� le calibre des acteurs rassembl�s ici. Passons d�un film contemporain � un policier historique : From Hell, qui retourne � Londres en 1888 pour s�int�resser � l�arch�type du tueur en s�rie, Jack l��ventreur. R�alis� par les fr�res Hughes (Menace II Society, Dead Presidents), From Hell r�ussit particuli�rement bien � recr�er une atmosph�re oppressive et stylis�e autour des meurtres de Whitechapel. Les connaisseurs aimeront et d�testeront tour � tour l�exactitude de l�effort et les libert�s prises par les sc�naristes : l��l�ment quasi fantastique des visions de l�enqu�teur Abberline, par exemple, ne semble pas tr�s utile au d�roulement de l�intrigue. Adapt� d�une bande dessin�e, From Hell demeure un film efficace sp�cialement sur le plan visuel, avec des panoramas spectaculaires de Londres et un look assur�. Film beaucoup plus ambitieux qu�un simple slasher pour cette raison m�me, il cr�e des attentes qui, h�las ! ne peuvent qu��tre d��ues. Par ailleurs, il serait dommage de manquer The Last Castle, un thriller se d�roulant dans une prison militaire o� un prisonnier haut grad� (Robert Redford) en vient � affronter un directeur de prison abusif (James Gadolfini). Le film est bien r�alis� par Rod Laurie (Deterrence, The Contender) et repr�sente un bon divertissement viril si l�on consid�re l�accent mis sur l�honneur, le patriotisme, la discipline et le sacrifice. Si ces ficelles ne fonctionnent pas pour vous, vous serez sans doute d��u par les clich�s et les motivations quasi juv�niles des personnages. La finale explosive demande beaucoup d�indulgence, mais il est difficile de ne pas se laisser emporter par l�aventure. La bande-annonce promettait un The Shawshank Redemption avec un h�licopt�re qui explose ; ce n�est pas tr�s loin du produit final. Le film pour adolescents Joy Ride, malgr� ce qu�on pouvait en penser � partir d�une bande-annonce pour le moins m�diocre, se r�v�le plus efficace que pr�vu. Apr�s un d�part conventionnel o� deux jeunes en manque de sensations d�cident de jouer un tour pendable � un camionneur en utilisant la radio CB, le film gagne en int�r�t lorsqu�on d�couvre que le camionneur est un psychopathe ayant un go�t raffin� pour la vengeance. On peut reprocher au film un antagoniste un peu trop omniscient, mais il est impossible de nier l�efficacit� du r�alisateur John Dahl (The Last Seduction, Rounders), qui m�ne ce film avec une astuce devenue rare dans ce cr�neau d�mographique. Training Day est une autre production qui m�rite le d�tour. Il s�agit d�un drame policier dans lequel un jeune policier id�aliste (Ethan Hawkes) est graduellement corrompu par un agent lui-m�me corrompu (fabuleusement interpr�t� par Denzel Washington). La premi�re heure et demie du film est tr�s int�ressante, alors qu�on d�couvre peu � peu les couches de corruption dans laquelle doit s�impliquer le protagoniste. Le film permet une r�flexion sur les jeux de pouvoir que se livrent policiers et criminels, tout comme sur la fronti�re qui s�pare la justice de la violence. Par la suite, le film perd son int�r�t, les ficelles de l�intrigue �tant un peu grosses � il y a notamment une co�ncidence tellement �norme qu�il est difficile de croire qu�elle a surv�cu � toutes les r�visions du sc�nario ! Les amateurs de films de guerre ont �t� relativement bien servis derni�rement, non pas par la parution originale du trimestre (Captain Corelli�s Mandolin, plus associ�e au genre romantique malgr� une intrigue situ�e en 1943 dans un petit village grec), mais par un film vieux de vingt ans remis � neuf pour le nouveau mill�naire. Apocalypse Now Redux a �t� compl�tement refait � partir des n�gatifs originaux, avec tous les raffinements cons�quents de l�image et du son. De plus, pr�s de quarante minutes de nouveau mat�riel (!) ont �t� ajout�es au film, dont une sc�ne dans une plantation fran�aise et une autre avec les Playboy Bunnies aper�ues dans la version originale. Les connaisseurs disent que le r�sultat est un film plus profond, plus complet et plus beau que jamais ; nous laisserons le soin � nos lecteurs de d�cider par eux-m�mes ! Tous les espoirs sont cependant permis pour une excellente sortie DVD vers le milieu de 2002. Le reste des parutions du trimestre est � prendre ou � laisser : le genre policier sert souvent d�excuse � la construction de films d�action, et c�est dans cette optique qu�il faut consid�rer des films comme American Outlaws, Rush Hour 2 et Kiss of the Dragon. L� encore, il y a des diff�rences d�approche assez significatives. La coproduction franco-am�ricaine Kiss of the Dragon est impr�gn�e de l�atmosph�re des films policiers europ�ens, avec les personnages ambigus et le poli visuel accidentel typiques de ces productions. Mais c�est un film de Jet Li �crit par Luc Besson, alors... voil� que le film encha�ne des s�quences d�arts martiaux comme un film d�action �de Kong-Kong�. Certaines sont moins cr�dibles que d�autre � est-ce que tous les postes de police fran�ais ont un dojo? Toujours est-il que le film m�rite un coup d��il pour le m�lange policiers europ�ens et arts martiaux asiatiques. Le r�sultat final n�est pas n�cessairement plaisant, mais il est int�ressant. Il y a moins de choses � dire sur Rush Hour 2. Si vous avez aim� l�original... La suite prend du temps � d�marrer, les sc�naristes n�ayant rien fait de valable de la pr�sence � Hong-Kong de l�Occidental Chris Tucker. Cela dit, le film montre plus d��nergie dans la deuxi�me moiti� gr�ce � une histoire de faux-monnayeurs � et malgr� son c�t� plut�t ridicule � et d�une s�quence de casino fort amusante. Racontant l�histoire du gang de Jessie James du point de vue de James lui-m�me, American Outlaws se veut le retour triomphant du western d�action. Le sc�nario est simpliste et hautement pr�visible, mais si vous �tes dans un �tat d�esprit appropri�, cela fonctionne plut�t bien. Toutefois, les puristes de la l�gende de James devraient se tenir tr�s, tr�s loin d�American Outlaws... Bandits diff�re des trois films pr�c�dents : il s�agit plut�t d�un polar qui sert de pr�texte � une com�die romantique. Dans ce cas-ci, rien de moins qu�un triangle amoureux entre une m�nag�re ennuy�e (Cate Blanchett) et deux voleurs de banque (Bruce Willis et Billy Bob Thornton). La pr�misse est int�ressante et certains moments du film sont tr�s r�jouissants, mais le film dure trop longtemps et manque du dynamisme qui lui aurait assur� un certain succ�s. Et le fait que Bandits est plut�t pr�visible n�aide gu�re sa cause... Finalement, ce trimestre a vu l�arriv�e en salle de deux thrillers, r�alis�s depuis longtemps mais retenus jusqu�alors dans les vo�tes des studios, Original Sin et �O�. Pour le premier, la raison de ce d�lai est �vidente : les critiques n�ont gu�re �t� tendres au sujet de ce suspense �rotique mettant en vedette Antonio Banderas et Angelina Jolie � la pr�sence des deux vedettes n�a pu compenser un sc�nario sans surprise et des dialogues accidentellement hilarants. Le film est rapidement mort au box-office et sera bient�t dans un cin�-club pr�s de chez vous... si vous tenez vraiment � le voir! Pour �O�, le d�lai de sortie est tout � fait compr�hensible. Cette adaptation adolescente moderne d�Othello � oui, l�Othello de Shakespeare � a �t� r�alis�e en 1999 mais, dans la foul�e des �v�nements de Columbine High School, on a d�cid� son report puisque le film se termine par un bain de sang dans une �cole secondaire. Bref, ce film est d�une qualit� acceptable, plus int�ressant cependant par les parall�les shakespeariens qu�il d�veloppe que pour ses autres valeurs.
Cons�quences d�une attaquePassons d�un traumatisme ancien � un autre, beaucoup plus vif: la r�action de Hollywood � l�attaque terroriste du World Trade Center s�est av�r�e fascinante. �videmment, certains films se sont r�v�l�s ne plus �tre au go�t du jour : des r�seaux de t�l�vision ont remplac� en douce les projections pr�vues d�Independance Day et de The Peacemaker par du mat�riel plus inoffensif comme Miss Doubtfire. Au cin�ma, deux films au sujet incommodant ont �t� report�s sine die : Big Trouble (une com�die � propos de terrorisme nucl�aire � New York, dont la sortie �tait originalement pr�vue pour le 21 septembre) et le dernier Arnold Schwarzenegger, Collateral Damage (sortie pr�vue pour le 5 octobre), qui ouvre sur une explosion dans un �difice � bureaux o� meurent la femme et l�enfant du protagoniste. Ces reports ont fait bouger d�autres films : Training Day a �t� remis au 5 octobre, � la fois pour prendre avantage des salles de cin�ma pr�vues pour Collateral Damage et pour �pargner aux pauvres spectateurs une histoire de policier corrompu au moment m�me ou le zeitgeist national �tait plus que favorable aux forces de l�ordre... On a d� aussi modifier radicalement la campagne de publicit� de certains films. Il �tait bien entendu hors de question de continuer de passer la bande-annonce de Spider-Man (les deux tours du WTC y servent de support pour une toile qui attrape un h�licopt�re en plein vol !), mais toujours dans le but de ne pas offenser le patriotisme r�surgent des Am�ricains, on a aussi discr�tement interrompu la pub de The Last Castle, qui proposait l�image d�un drapeau am�ricain install� sens dessus dessous. Quant au titre du film de science-fiction Arac Attack (jug� trop belliqueux), il semble avoir �t� chang� pour � attention ! � Eight-Legged Freaks ! L�impact des �v�nements ne s�est cependant pas limit� � cela. En raison de la pr�sence dominante des tours du WTC sur le panorama de la ville de New York, ces tours apparaissaient fortuitement dans presque tous les films tourn�s � New York. Afin d��liminer le choc que pourrait provoquer la vision de celles-ci, plusieurs studios s�affairent pr�sentement � effacer digitalement les tours de leurs prochains films ou � escamoter au montage les plans offensants. Citons seulement Zoolander, Stuart Little 2, Panic Room et City by the Sea parmi les films retouch�s. La possibilit� a m�me �t� soulev�e d�effacer les deux tours de la version DVD d�A.I. de Spielberg. C�est pousser un peu loin le r�visionnisme... Mais est-ce une bonne id�e de modifier ainsi certains films ? � peine dix jours apr�s les trag�dies du 11 septembre, le film Glitter paraissait en salle. Sur le forum de discussion Usenet rec.arts.movies.current-films, on a alors pu lire le t�moignage d�un spectateur new-yorkais qui affirmait que la plus forte r�action positive suscit�e par le film (applaudissements et bravos) est survenue lors d�un plan panoramique de la ville de New York dans lequel les deux tours �taient bel et bien pr�sentes... D�autres films devront cependant �tre repens�s plus radicalement. Bien qu�il ne soit pas possible de savoir si le World Trade Center faisait partie int�grante des p�rip�ties de Spider-Man (probablement, puisqu�on a annonc� de nouvelles s�quences de tournage), les deux tours figuraient bel et bien de fa�on importante au d�but et � la fin du sc�nario de Men in Black 2. La r��criture est en cours ; les derni�res rumeurs laissent entendre que ce sera maintenant du Chrysler Building que des soucoupes volantes s�envoleront ! De fa�on un peu plus insolite, un projet de film de Jackie Chan, Nosebleed, avait comme pr�misse originale de montrer le protagoniste, laveur de fen�tres au WTC, combattre des terroristes. Certains racontent m�me que, n�e�t �t� de certaines difficult�s de sc�nario, Chan aurait pu �tre en plein tournage le 11 septembre ! Le film sera vraisemblablement abandonn�, tout comme Designated Survivor, un projet de thriller de la Warner dans lequel un membre du cabinet am�ricain devenait soudainement pr�sident apr�s un attentat d�vastateur. � ce sujet, on raconte que le studio a re�u tellement de commentaires n�gatifs du public qu�il �tait devenu impensable de poursuivre son d�veloppement... Du c�t� vid�o aussi, l�industrie a r�agi : � la fin de septembre, la cha�ne Blockbuster a annonc� qu�elle mettra dor�navant des �tiquettes sp�ciales sur les films ayant un contenu �de terreur�, comme dans le cas du techno-thriller Swordfish. Tout cela alors qu�on rapporte que, la fin de semaine qui a suivi l�attentat, les gens s�arrachaient des films comme Die Hard, Executive Decision et The Siege...
Dans un club non loin de chez vousPour en revenir � notre examen des films maintenant disponibles, la parution vid�o du trimestre � et probablement de l�ann�e � est incontestablement Memento, un film diaboliquement original qui, peu importe si vous aimez ou pas, saura vous fournir une exp�rience cin�matographique radicalement diff�rente de tout ce que vous avez vu jusqu�ici. La pr�misse est simple mais efficace : notre protagoniste est un homme qui, � la suite d�une agression, est afflig� d�un d�sordre neurologique ; il ne peut plus emmagasiner de nouveaux souvenirs. Sa m�moire se limite � ce qui a pr�c�d� son agression et � ce qui s�est pass� depuis une quinzaine de minutes. Or, l�attaque qui l�a laiss� dans cet �tat a �galement tu� sa femme... et il veut trouver le coupable, malgr� son handicap. Pour renforcer l�impression de d�sorientation du personnage, Memento se d�roule � rebours: vous voyez la fin (chronologique) du film en premier, puis des segments de quelques minutes qui remontent le temps de l�histoire (le tout entrecoup� de passages plus didactiques o� le protagoniste explique � un interlocuteur inconnu sa condition et les moyens qu�il a pris pour l�esquiver � notes, tatouages, polaro�ds...) Bien entendu, c�est un film � gimmicks. Mais des gimmicks dr�lement efficaces. Tout comme les meilleurs films � suspense, Memento accentue le ph�nom�ne de l�identification en pla�ant le spectateur dans le m�me �tat de confusion que le protagoniste. L�une des cons�quences, non n�gligeable, est que vous devez suivre tr�s attentivement le d�roulement de l�action du d�but � la fin, ce qui rend impossible toute �ventuelle pause pop-corn! Conclusion: Memento est un film qu�on ne peut pas ne pas voir, v�ritable bouff�e d�originalit� qui redonne temporairement confiance en un m�dium narratif qui nous a bien mal servis depuis quelque temps. Bref, courez vite au club vid�o le plus proche. Et tant qu�� �tre au club vid�o, jetons un �il sur d�autres sorties vid�o r�centes... Enemy at the Gates nous propose la bataille de Stalingrad, ou la Deuxi�me Guerre mondiale vue � travers les yeux de deux tireurs d��lite qui jouent au chat et � la souris. Les images sont fabuleuses et le suspense tr�s bien fait, malgr� le triangle amoureux � assez convenu et maladroit � qui accapare malheureusement le dernier tiers du film. Ne manquez pas non plus Snatch, du r�alisateur britannique Guy Ritchie, une com�die criminelle tordante et tellement bien faite que l�achat de la version DVD s�impose pour ceux qui ont aim� le film en salle... Dans un registre associ� � l�espionnage, il n�y a aucune honte � louer Spy Kids, un film d�action et d�aventure pour toute la famille qui joue habilement sur les clich�s les plus amusants du sous-genre. Attention : m�me si c�est un film qui s�adresse � un public jeune, il est r�alis� de fa�on que m�me l�adolescent le plus cynique y trouve son compte. Jetez �galement un coup d��il sur The Tailor of Panama, film adapt� du roman de John LeCarr�. Dans le camp des d�ceptions, on notera Hannibal, qui a d�sappoint� plus d�un spectateur en raison de sa trop grand dissemblance par rapport au film initial, The Silence of the Lambs. Les critiques ont �t� �galement mitig�es � propos de Blow (biographie un peu trop indulgente du trafiquant de coca�ne George Jung), de 15 Minutes (thriller qui verse souvent dans la caricature, m�me s�il offre quelques moments efficaces) et de Along Came a Spider (adaptation du roman de James Patterson et des deux ou trois retournements illogiques de trop qu�on y trouve). Enfin, 3000 Miles to Graceland (dans lequel des criminels d�guis�s en Elvis cambriolent un casino) a re�u un accueil critique carr�ment hostile � cause de la d�plaisante gratuit� de son ton.
Les nouveaux arrivagesEn salle, l�automne s�annonce encourageant puisqu�il nous promet le retour au grand �cran de deux artisans reconnus du film policier. Tout d�abord, il y aura les fr�res Coen (Blood Simple, The Big Lebowski, etc.) avec la sortie, pr�vue avant la fin de l�ann�e, de The Man Who Wasn�t There. Comme dans presque tous les films des Coen, la trame de base para�t assez ordinaire : un homme fait chanter l�amant de sa femme. Mais, comme � l�habitude, il faudra voir le style du film avant de se prononcer. Hommage ou clich�, le film est tourn� en noir et blanc satur�... N�h�sitez pas � t�l�charger la bande-annonce! Et puis, si vous avez un faible pour les histoires de cambriolage, surveillez l�arriv�e, juste avant la p�riode des f�tes, du remake d�Ocean�s Eleven. Non seulement ce film poss�de une distribution exceptionnelle (Julia Roberts, George Clooney, etc.), mais il nous permet surtout de revoir � l��cran Steven Soderbergh (Out of Sight, Traffic), qui fait un retour apr�s avoir rang� son oscar de meilleur r�alisateur sur son �tag�re. Et que les inconditionnels de la version originale (avec Frank Sinatra) se consolent: on planifie sa sortie en DVD deux semaines avant l�arriv�e du remake ! Et en vrac:
Enfin, il faut surveiller l�arriv�e prochaine au club vid�o des titres suivants :
Sur ce, bon cin�ma !
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Mise � jour: Novembre 2001 |