Livres reçus: juillet 2018

Black-Out

Michel Arrivé
Elle et lui, lui et elle

Eyjeaux, Black-Out, 2018, 150 p.

« De même qu’il existe une littérature jeunesse, on pourrait concevoir une littérature vieillesse : les auteurs seraient des vieux, qui mettraient en scène des personnages de vieux, pour toucher un public de vieux. Les thèmes de prédilection en seraient la vieillesse, la maladie, et bien entendu, la mort. Ce recueil de dix nouvelles noires figurerait en excellente place dans cette bibliothèque. Et ceci d’autant plus justement qu’il constitue une édition posthume! Cat Michel Arrivé est mort le 3 avril 2017, dans sa quatre-vingt-unième année. Dans ce rayon vieillesse, il y aurait deux sous-genres : la collection White et la collection Black. La première proposerait une littérature de la sérénité, de la sagesse et de la transmission ; on y verrait de beaux vieillards chenus donner aux générations montantes les leçons apaisées d’expériences maîtrisées et heureuses. Les autres textes, ceux du désespoir, de la désillusion et de l’amertume seraient réunis dans la seconde collection, la Black. »

Christian Brissart
Beignets de salope

Eyjeaux, Black-Out, 2018, 115 p.

« Je rêve. Je rêve d’être ce grain de sable dans cette machinerie qui s’emballe et qui broie tout ce qui n’est pas calibré. Je rêve, et j’écris avec le rouge de mon sang des écrits que je veux révolutionnaires, je rêve qu’un jour on va se réveiller et refuser. Et refuser en bloc tout ce que ces messieurs, tout de gris vêtus et moulés dans le même moule, nous imposent simplement par qu’ils causent mieux que nous. Refuser. Tout en bloc. De gré ou de force. Je rêve que je grimpe sur la tour de l’inutile payée avec le sang des prolétaires et que j’écris avec le rouge de mon sang : « Il est temps de se réveiller! », je rêve qu’il existe encore une issue et qu’une poignée d’hommes et de femmes de bonne volonté, est prête à rebâtir. Je rêve qu’une poignée d’humains, tous différents, jaunes, verts, noirs, riches, miséreux, comme un bouquet d’hommes et de femmes, se lèveront comme lève le bon blé. »

Richard Palachak
Kalache

Eyjeaux, Black-Out, 2018, 191 p.

« Je me traînais clopin-clopant derrière mes potes en me disant qu’au fond, j’allais peut-être bien finir mes jours ici, dans ce satané Stari Grad, errant de bar en bar en mendicant de quoi boire et fumer. J’étais attiré par une vie de clodo magnifique, dans le vertige et les flammes illusoires de la nuit serbe. Je brûlais d’un désir ardent de vie et de liberté, qui ne pouvait se consumer que dans le flamboiement de cette âme slave, crépitant au fond de mes entrailles marquées au fer rouge par la rakia et le paprikash. J’étais prêt à tout, tout perdre jusqu’à mon slip et tout envoyer bouler. Dans la fièvre hallucinée de ce crépuscule méridional, je n’avais besoin de rien hormis trois verres, deux tiges et un frangin. »

De la martinière

Mo Malo
Qaanaaq

Paris, De la martinière, 2018, 495 p.

« Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecoeur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes? Flanqué de l’inspecteur inuit Apputiku, grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps, Qaanaaq va mener l’enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu’au secret de ses origines. »

Du masque

Jessica Fellowes
L’Assassin du train (Les Sœurs Mitford enquêtent)

Paris, Du masque, 2018, 490 p.

« 1919. Nancy Mitford, l’aînée de la famille, est une jeune femme pétillante et romanesque à l’aube de ses dix-huit ans. Louisa Cannon, sa domestique et confidente, est arrivée sous peu au service de la famille Mitford. Mais tout bascule le jour où elles se retrouvent embarquées dans une sombre affaire : le meurtre de l’infirmière Florence Nightingale Shore à bord de l’express de 15h20. S’inspirant d’un fait réel – une affaire encore non élucidée à ce jour –, ce roman captivant nous emmène dans l’Angleterre de l’entre-deux-guerres, des milieux défavorisés aux fastes de la High Society, à travers les aventures de Nancy et Louisa, toutes deux devenues complices et bien décidées à trouver l’assassin du train… »

Flammarion Québec

Louise Penny
Maisons de verre (Armand Gamache enquête -13)

Montréal, Flammarion Québec, 2018, 466 p.

« Au lendemain d’Halloween, une silhouette masquée, drapée de noir, apparaît dans le parc de Three Pines. L’inconnu semble épier quelqu’un, mettant tout le village mal à l’aise. Comme les autres, Armand Gamache voudrait bien le voir disparaître, mais le fraîchement nommé directeur de la Sûreté du Québec ne dispose d’aucun motif pour l’appréhender. Quelques jours plus tard, alors que la triste figure s’est évanouie, un cadavre est trouvé dans la petite église de Saint-Thomas. La dette morale qui a été payée serait-elle liée à la crise des opioïdes qui n’épargne personne, pas même ce hameau oublié aux abords de la frontière américaine? Gamache, l’inspecteur Beauvoir et la cheffe des homicides Isabelle Lacoste s’efforcent de délier les langues. Cependant, au terme d’un procès retentissant, l’assassin ne sera pas le seul à devoir rendre des comptes. »

Sonatine

R.J. Ellory
Les Fantômes de Manhattan

Paris, Sonatine, 2018, 456 p.

« Annie O’Neill tient une petite librairie en plein cœur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle. Un nommé Forrester entre un jour dans sa boutique et se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus. Il est venu lui apporter un manuscrit, l’histoire d’un jeune rescapé de l’Holocauste, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, avant de devenir une des grandes figures du banditisme new-yorkais. Quel rapport y a t-il entre cette histoire et la famille d’Annie? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité? Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer. »