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Le Roman policier en Amérique française - Parutions 2005Voici un bref panorama bibliographique, aussi complet que possible, des romans policiers (incluant les thrillers, récits à suspense, d’espionnage et de politique-fiction) écrits par des auteurs canadiens de langue française et publiés au cours de l’année 2005, principalement au Québec mais aussi à l’étranger. Pour chaque référence, il y a une brève description de contenu, un bref aperçu critique de ceux que j’ai lus et, quand disponibles, quelques remarques critiques tirées de la presse nationale. Les textes de présentation entre guillemets reprennent les informations fournies par les éditeurs dans leur catalogue, sur les quatrièmes de couverture ou sur leur site web. Comme c’est souvent le cas, plusieurs titres, déjà introuvables en librairie, n’ont eu droit à aucune recension critique ou présentation d’aucune sorte ni dans la presse écrite, ni sur Internet, d’où l’absence de commentaires plus élaborés. Norbert Spehner
Les romans et recueils pour adultes
BARANGER, Luc (1954 -), À l’Est d’EddyLongueuil, La Veuve noire (Marché noir), 2005, 210 pages. Excellent recueil de neuf nouvelles noires où Baranger se permet de déboulonner, de revisiter et d’humaniser certaines figures mythiques (Elvis Presley, James Dean, Billy the Kid, etc).
BARANGER, Luc (1954 -), Crédit revolverMarseille, L’Écailler du Sud (L’Écailler du Sud 54), 2005, 278 pages. Membre d’un groupuscule gauchiste, Mortant est accusé d’un meurtre politique qu’il n’a pas commis mais dont il a fourni l’arme. Il écope d’une lourde peine mais ne trahit pas « la cause ». Lorsqu’il retrouve bien des années plus tard, gracié et réhabilité, celui qui l’a trahi, a-t-il le droit de le tuer puisqu’il a déjà purgé sa peine par anticipation ?
BARRÉ, Caroline (1973 -), Assassine : roman suspenseLévis, Fondation littéraire Fleur de lys, 2005, 450 pages. En Arkansas, le sergent James Traven et le détective Portman enquêtent sur une mort suspecte près d’un laboratoire mis sur pied pour contrer l’utilisation des pesticides. Note : les romans publiés (à compte d’auteur ?) par La Fondation littéraire Fleur de Lys sont décrits sur le site suivant : www.manuscritdepot.com.
BERTRAND, Luc, TransfugesOttawa, L'Interligne, (vertiges), 2005, 336 pages.
BISSON, Mireille (1965 -), L’Ange gardienLévis, Fondation littéraire Fleur de lys, 2005, 490 pages. Premier roman de Mireille Bisson, présenté comme étant « un roman suspense romancé à saveur militaire » mettant en vedette Jessica, une jeune femme volontaire et copropriétaire d’une boutique de fleurs menacée par un ancien petit ami incarcéré pour meurtre. Et un tueur en série rôde dans la région de Montréal…
BISSON, Mireille (1965 -), Le CollecteurQuébec, Septentrion (Hamac), 2005, 336 pages. Selon Catherine Hébert « certains amateurs de polars sanglants apprécieront peut-être cette histoire de vengeance bien ficelée qui sent mauvais, très mauvais ».
BOUCHARD, Camille (1955 -), Une histoire compliquéeLongueuil, La Veuve noire (Marché noir), 2005, 272 pages. Recueil de 5 nouvelles historiques et noires qui ont paru dans la revue Alibis. Comme toujours avec Camille Bouchard, le plaisir de la lecture est garanti.
BOUCHARD, Camille (1955 -), Les Démons de BangkokLongueuil, La Veuve noire (Le Treize noir), 2005, 382 pages. Réédition d’un bon roman d’aventures et d’espionnage paru chez Stanké en 1998.
BOUTHILLETTE, Benoît, La Trace de l’escargotSaguenay, JCL (Couche-tard), 2005, 366 pages. Cette première enquête de l’inspecteur Benjamin Sioui a été qualifiée de « tempête littéraire » par Laurent Laplante. Ce premier roman policier est certainement l’événement « polar » de 2005 : un personnage intéressant, une intrigue de thriller bien maîtrisée, une écriture originale. Selon Clément Martel, « ce polar est passionnant par son intrigue et séduisant par son verbe » alors que Michel Bélair nous dit que Bouthillette est « un auteur à suivre ». Nous ne le contredirons pas. Le roman a remporté le prix Saint-Pacôme du roman policier 2005.
BROUILLET, Chrystine (1958 -), Rouge secretMontréal, Boréal, 2005, 503 pages. Drame de la manipulation et de la jalousie. Les avis sont très partagés sur ce gros polar psychologique de Chrystine Brouillet, premier d’une nouvelle série qui introduit l’inspecteur Frédéric Fontaine. Pour ma part, j’ai trouvé ce roman trop long, trop bavard, trop invraisemblable. Ce livre est « trop », comme diraient les cousins français, avec un nouveau personnage pas très doué comme flic et une héroïne qui est la reine des tartes. Marie-Claude Mirandette trouve que « ce roman s’avère indigne de l’indéniable talent dont Brouillet a fait preuve dans Le Collectionneur » alors que Marie-Claude Fortin nous dit que ce livre est « un habile thriller psychologique, totalement angoissant ». Stanley Péan le décrit comme un récit honnête sans plus, pas le meilleur ni le pire de cette auteure prolifique.
COLLECTIF, Boucs émissairesMontréal, Les 400 coups, 2005, 200 pages. Ce recueil de nouvelles a pour sous-titre : 12 auteurs de polars contre le racisme. Au sommaire, des textes des auteurs québécois suivants : André Marois, François Barcelo, Jacques Côté, Hélène Desjardins et Jean-Jacques Pelletier. Selon Alice Finaz, « On entre avec plaisir dans ces nouvelles qui mettent en scène la différence et le refus d’accepter l’autre, les haines viscérales liées au racisme, le suspens (sic) et les situations inattendues qui en découlent ».
CÔTÉ, Jacques (1961 -), La Rive noireLévis, Alire (Romans 092), 2005, 367 pages. Troisième enquête du duo de choc Duval et Harel. La mort suspecte de la femme d’un riche entrepreneur de Québec est le point de départ d’une affaire complexe où il sera question de fanatisme religieux et d’homosexualité, alors que la vie sentimentale de Daniel Duval arrive à une croisée des chemins : va-t-il tromper sa blonde avec la belle Mireille ? Un excellent roman de procédure policière et d’enquête. Un des (rares) meilleurs titres parus en 2005.
DANTEC, Maurice (1959 -), Cosmos incorporatedParis, Albin Michel, 2005, 576 pages. Je plaide coupable : découragé, vaguement écœuré, je n’ai lu qu’une cinquantaine de pages de ce thriller futuriste échevelé à la limite du compréhensible. Mais il y a des amateurs pour ce genre de trucs… Tant mieux pour eux ! Christian Desmeules admire la puissance de son imaginaire mais ajoute que « le romancier nous ennuie de plus en plus ». Au sens plutôt large de « soporifique ».
DEMERS, Jean-Yves, L’Île au nuage troué : roman d’aventuresLévis, Fondation littéraire Fleur de Lys, 2005, 250 pages. Une famille veut prendre des vacances sur la mer avec leur bateau de plaisance. En pleine nuit, ils sont attaqués par des pirates des mers modernes. [Édition en ligne à compte d’auteur]
DION, Germain, Le Quatrième hommeOttawa, Éditions du Vermillon, (Rompol), 2005, 204 pages. Le sergent Jean Circouette enquête sur un meurtre commis lors d’une attaque de banque qui a mal tourné.
DORÉ, Catherine, L’ExécuteurBoucherville, Mortagne, 2005, 496 pages. Première enquête de Marie-Paule Chevalier. L’éditeur nous promet des « disparitions, des morts suspectes et des exorcismes ».
DUBÉ, Jean-Eudes, Le Second poignardOttawa, Éditions du Vermillion, (Rompol), 2005, 168 pages. Germain Lafleur, chassé de son collège est mêlé à une histoire dramatique impliquant des trafiquants de drogue, un enlèvement et un meurtre.
DUFOUR, Annie (1969 -), Les Enfants de DoodletownMontréal, La courte échelle, 2005, 192 pages. Ce roman fait suite à Cinq enlèvements, quatre cadavres, trois amours, deux bouledogues et une… (2002) et il est aussi peu convaincant, aussi bancal que le premier. J’écris cela le plus sérieusement du monde : Annie Dufour devrait investir son talent de conteuse et son imagination débordante dans la littérature jeunesse. Ses polars pour adultes sont mal conçus et peu intéressants. Celui-là, je n’ai même pas réussi à le finir… Doodletown ? Mais où va-t-elle chercher tout ça ? Est-il utile d’ajouter que la critique, en général, a ignoré cet opus ?
FORTIN, Clément (1935 -), On s’amuse à mort (Collège de Matane 1964)Québec, Septentrion, 2005, 300 pages. Curiosa. Par le biais d’une fiction (un docu-roman), Clément Fortin, juriste et ancien professeur de droit à l’université de Sherbrooke, jette un regard neuf sur une affaire criminelle qui s’est déroulée en 1964 au collège de Matane.
FORTIN, FranceLyne (1944 – Pseudo. de Francine Fortin), Meurtre chez les JohannaisSaint-Jean-sur-Richelieu, Archimède, 2005, 132 pages.
FRÉCHETTE, Michel (1946 -), La Nature humaine de Biarritz Monnier et autres détoursGatineau, Vents d’Ouest (Azimuts), 2005, 208 pages. Marginalia. Ce roman au titre bizarroïde n’a que peu de rapport avec la littérature policière sinon pour une partie où il est question de vengeance et qui aurait pu déboucher sur une intrigue amusante. Mais, l’auteur avait d’autres préoccupations…
GAGNON, Maurice (1964 -), Coups de théâtreSaguenay, JCL (Couche-tard), 2005, 314 pages Un récit policier dans la pure tradition du whodunit et dont l’action se passe à Saint-Pacôme de Kamouraska. Pas assez original pour intéresser vraiment, ce deuxième polar de Gagnon (Seul l’assassin a le droit de mourir, 2000) compte malheureusement trop de personnages, avec en plus quelques invraisemblances qui découragent l’amateur de polars. Selon Francine Tremblay, ce livre « se lit avec un plaisir certain, plaisir toutefois altéré par le manque de rigueur de l’écriture » alors que pour Stéphane Despatie, « Gagnon suit les conventions du roman d’enquête et s’est concentré sur le récit d’une bonne histoire et sur une langue simple, efficace et directe ».
GALARNEAU, Gérald (1944 -), Motel RivieraSaguenay, JCL (Couche-tard), 2005, 264 pages. Les avis sont partagés sur ce premier roman qui ne m’a guère impressionné (le début est péniiiible !). Clément Martel souligne que l’action est « particulièrement bien ficelée… le style est bon sans être exceptionnel » alors que Sylvie Trottier affirme que « le thriller est habilement mené », mais ce « livre ne tient pas vraiment la route si on le compare avec les grands du genre ». C’est le moins qu’on puisse dire ! Finaliste au prix Saint-Pacôme du roman policier 2005. Lauréat du prix Arthur Ellis 2006 (Meilleure oeuvre francophone).
GERVAIS, Bertrand (1957 -), Les Failles de l’AmériqueMontréal, XYZ, 2005, 448 pages. Roman noir. Un étudiant québécois, expatrié aux États-Unis, raconte en flash-back « l’acclimatation du héros à un groupe, à une société gangrenée non pas tant par la violence que par le spectacle complaisant de cette violence ».
HOUDE, Maxime (1974 -), Le Prix du mensongeLévis, Alire (Romans 084), 2005, 242 pages. En général, j’aime bien les polars de Maxime Houde, mais celui-là ne m’a pas emballé. Steve Laflamme trouve par contre qu’avec cet ouvrage « Maxime Houde confirme son talent de (ra)conteur » car il « a le don de piquer la curiosité du lecteur ». Quant à Christine Fortier, elle a apprécié cette quatrième enquête de Stan Coveleski, ayant eu l’impression, dès les premières lignes de retrouver « une vieille paire de chaussures confortables ». Ah, les femmes !
HOUDE, Nicole (1945 -)& Laure MUSZYNSKI (1949 -), L’Hystérie de l’angeLachine, La Pleine Lune (Plume), 2005, 132 pages. Ce petit récit policier n’a malheureusement aucun intérêt. On se demande si l’éditeur et les auteurs ont déjà lu de vrais polars. Si c’est le cas, pourquoi avoir sacrifié des arbres pour publier cet opuscule anodin, plutôt ennuyeux ?
JOBIN, Michel (1968 -), La Nébuleuse iNSIEMELévis, Alire (Romans 091), 2005, 623 pages. Excellent thriller international ! On dirait du Jean-Jacques Pelletier ! Une double enquête de meurtre, à Londres et à Bangkok, une gigantesque machination dont l’enjeu représente des milliards, et un « vilain » qu’on n’est pas prêt d’oublier. L’auteur fait preuve d’une rare maîtrise en contrôlant parfaitement une intrigue complexe. Un des (rares) bons romans de 2005.
LaRIVIÈRE, Louis F. (1943 -), La Boutique : thrillerMoncton (N.B.), Lévis, La Francophonie, 2005, 280 pages.
LEVAC, Roger (1946 -), L’Affaire PlucheSudbury, Prise de parole, 2005, 251 pages. Une entreprise de fabrication de peluches, les entreprises N’Nours, est au centre d’une affaire de meurtres multiples que tentent de résoudre Bruno Boulay et une jolie policière. Avec une touche de fantastique…
MARCHAND, Alma, Policières en périlLévis, Fondation littéraire Fleur de Lys, 2005, 382 pages. Tous les trois mois, le corps d’une policière est retrouvé dans l’un des parcs de l’est de Montréal. Poliquin et Montreuil, du Service de la police de la Communauté urbaine de Montréal, mènent l’enquête.
MARCHAND, Alma & Elmo TRÉPANIER, Amour qui tueLévis, Fondation littéraire Fleur de Lys, 2005, 344 pages. Une nouvelle enquête des sergents-détectives Simon Poliquin et Bernard Montreuil : Xavier Mambulé, étudiant africain participant à un échange d’étudiants universitaires, est retrouvé assassiné et sauvagement mutilé.
MARCOTTE, Gilles (1925 -), Le Manuscrit PhaneufMontréal, Boréal, 2005, 224 pages. J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour le travail de critique et d’enseignant de Gilles Marcotte, mais son dernier roman, un (pseudo)polar sans grand intérêt est à ranger dans la grande bibliothèque universelle des livres inutiles. Cet avis subjectif n’est pas partagé par Julie Sergent qui trouve que « la plume est allègre, l’intrigue, curieuse, le ton, légèrement ironique » et que ce livre est « un roman qui offre au lecteur une histoire divertissante, qu’il soit passionné ou non de romans policiers », ni par Alain Rathé qui trouve que « l’auteur avec finesse et intelligence joue de son immense culture pour son plaisir, pour le nôtre ».
MARTIN, Viktor (1953 -), La ListeBoisbriand, Éditions Pratiko, (Polar Presse), 2005, 187 pages.
MÉNAR, Fabien (1965 -), Le Musée des introuvablesMontréal, Québec-Amérique, 2005, 428 pages. Cette joyeuse ineptie, exercice de style pour profs de cégeps, a certainement ses mérites. L’auteur a de la plume, de l’humour, de l’imagination à revendre, mais comme polar, ça n’a pas grand intérêt. Selon Christian Desmeules, ce roman, qu’il traite charitablement de comédie policière, « promet beaucoup et nous abandonne quelque part entre l’ennui et la déception » alors que Pierre Monette en parle comme d’un « pur plaisir littéraire ». Comme quoi, les critiques… Lauréat du Prix France/Québec 2006.
MORNEVERT (1964 – Pseudo.), Passerelle BankosvkiLevallois-Perret, Les Portes du monde; Issy-les-Moulineaux, Ed. Campoamor, (JM Laffont), 2005, 445 pages. Roman d’espionnage par un auteur franco-canadien qui réside à Château-Richer. L’auteur est très présent dans les milieux financiers des Pays de l’Est. Il partage son temps entre son métier d’auteur (Mission oxygène, 1988, sous le pseudo de Patrick du Morne Vert), ses voyages professionnels et la plongée sous-marine professionelle.
NÉRON, Carol (1949 -), RebeccaParis, La Seine (Succès du livre), 2005, 470 pages. Réédition du volume paru en 2004 chez JCL.
OUAKINE, Joseph (pseudo. de Sébastien Chabot ?), 4 septembreMontréal, Point de fuite (Points de suspense), 2005, 200 pages. Richard veut protéger son ex-femme qui a reçu des menaces de mort. Pour la retrouver, il se lance dans une enquête qui le conduit de surprise en surprise, car les événements qu’il découvre se sont tous passés un 4 septembre, et la plupart des personnes qu’il rencontre sont elles aussi nées un 4 septembre.
OUELLETTE, Jacques P. (1953 -), Des violettes en aoûtTracadia-Sheila (N.-B.), La Grande Marée, 2005, 232 pages. Carl Stevens et sa femme partent sur la piste d’une sombre histoire : la disparition d’une enseignante disparue mystérieusement une nuit de mai.
PELLETIER, Jean-Jacques (1947 -), Radio Vérité – La Radio du vrai mondeQuébec, Les Publications de littérature policière (Alibis 14), p. 7- 83. Ce mini-roman ironique et bien ficelé, inspiré par l’affaire Jeff Fillion, est une enquête de l’inspecteur Théberge, un personnage-clé dans « Les Gestionnaires de l’Apocalypse ».
PENN, Michael (1942 -), Napo pète les plombsNominingue, Lac noir, 2005, 277 pages. Histoire de meurtres qui se passe en France en 1990.
PENN, Michael (1942 -), Vacances en eaux troublesNominingue, Lac noir, 2005, 275 pages. En Guadeloupe, un policier en vacances participe à une enquête.
R. R. (1963 -), Les Profileurs : 1. Réseau mortel, 2. Mort programméeTerrebonne, R. R., 2005, 2 volumes.
RICHARD, Pierre H. (1953 -), Ultima Ratio RegumMontréal, Pratiko, 2005, 520 pages. Un roman politico-économique dont le titre signifie « l’ultime solution des rois ». « À la fin de la Guerre froide, l’univers trouble des deux plus importants marchands d’armes au monde est bouleversé par une série d’attaques terroristes contre leurs usines et leurs représentants ».
SAINT-LAURENT, Justine (1948 - Pseudo. d’Anne Gardon), BruteMontréal, Flammarion-Québec, 2005, 300 pages. Ce deuxième roman policier de Justine Saint-Laurent, alias Anne Gardon, et mettant en vedette Nick et Maxine, se mérite, une fois de plus, une place d’honneur dans la bibliothèque universelle des livres inutiles. D’une redoutable médiocrité ! Curiosa : de la page 23 à la page 26, l’héroïne nous propose une liste de ses films favoris ! Trois pages et des poussières de liste, dans un roman ! Du jamais vu !
SEYMOUR, Johanne, Le Cri du cerfMontréal, Libre Expression (Polar), 2005, 332 pages. Premier roman policier, pas très réussi : une héroïne hystérique et antipathique, des invraisemblances (voire des outrances) criantes, un tueur en série peu crédible et des « muscles cérébraux » (sic) ! Kate, le personnage principal, se targue d’aimer les romans policiers. Les connaisseurs apprécieront cet extrait : « …et l’on pourrait presque se croire dans un roman de Dashiell Hammet (sic). Sauf que Chandler, le héros de Hammet (resic) est un détective privé ». Cherchez la grossière erreur que ni l’auteur, ni l’éditeur n’ont vue. Note : ce roman inaugure une nouvelle collection de polars chez Libre Expression, dont la présentation est très réussie. Un bel objet.
TESSIER, Robert (1951 -), Les Dessous du paradisMontréal, Point de fuite (Points de suspense), 2005, 159 pages. « Enquêtant sur le passé du docteur Russell, son ancienne infirmière, May, se trouve malgré elle entraînée de Miami à Londres en passant par Santorin, dans un monde hallucinant de sosies, et placée devant la nécessité de renverser la flèche du temps ».
TREMBLAY, Jean-François (1963 -), Le Maître tueurBrossard, Pour tous (Roman policier), 2005, 243 pages. Premier roman. L’inspecteur Robitaille est aux prises avec une série de meurtres perpétrée par un tueur mystérieux, méticuleux à l’excès, qui mène le jeu à sa guise. Pierre Bourgouin trouve que « l’auteur nous tient en haleine jusqu’à la fin » et que l’intrigue est « agrémentée d’une bonne dose d’étrange, voire de fantastique ».
Les romans policiers pour jeunes
BEAUCHAMP, Benoît, La bataille verteLaval, Grand Duc HRW (L’heure évasion), 2005, 137 pages.
BOUCHARD, Camille (1955 -), Les Crocodiles de BangkokMontréal, Hurtubise HMH (Atout 100-101), 2005, 218 pages.
BOUCHARD, Camille (1955 -), Les Tueurs de la déesse noireMontréal, Boréal (Boréal Inter 44), 2005, 136 pages.
BOUCHARD, Camille (1955 -), Le Ricanement des hyènesMontréal, La courte échelle, 2005, 160 pages.
BOUCHARD, Camille (1955 -), La Mèche blancheSaint-Lambert, Soulières (Chat de gouttière), 2005, 98 pages. [Série : la bande des cinq continents] [Illustrations : Louis-André Laliberté]
BRIÈRE, Paule, Au raton laveurMontréal, Boréal (Boréal Maboul), 2005, 53 pages. [Série : Joséphine la fouine -7] [Illustrations : Jean Morin]
CAVEZZALI, Lucia, Mission CachalotMontréal, Hurtubise HMH (Caméléon), 2005, 124 pages.
CHABIN, Laurent (1957 -), Le Jeu de l’assassinMontréal, La courte échelle, 2005, 140 pages.
CHABIN, Laurent (1957-), Chambre froideMontréal, la Courte échelle, (Jeune Adulte), 2005, 148 pages.
CHABIN, Laurent (1957 -), Silence, on tue !Montréal, Hurtubise HMH (Best-Seller), 2005, 606 pages. Rééditions : omnibus qui regroupe quatre aventures de Louis Ferdine.
CROTEAU, Marie-Danielle, Un bruit la nuitMontréal, La courte échelle, 2005, 90 pages. [Série : Les Corsaires -3] [Illustrations : Bruno St. Aubin]
DESBOIS, Hervé, Le Sac MystérieuxPresses Aventures, 2005, 130 pages. [Série : Mimi et Vincent] [Illustrations : Tristan Demers]
DESROSIERS, Sylvie (1954 -), L’Héritage de la pirateMontréal, La courte échelle (Roman jeunesse), 2005, 96 pages. [Série : Notdog -17] [Illustrations : Daniel Sylvestre]
ÉMOND, Louis, Taxi en cavaleSaint-Lambert, Soulières (Graffiti), 2005, 176 pages.
GRAVEL, François (1951 -), Sekhmet, la déesse sauvageMontréal, Québec-Amérique, 2005, 176 pages.
GROSMAIRE, Jean-Louis (1944 -), Paris-Saint Louis du SénégalOttawa, Vermillon, 2005, 330 pages.
LAFLAMME, Sonia K. (1969 -), L’Affaire Saint-AubinGatineau, Vents d’Ouest (Ado - Aventure), 2005, 138 pages.
LENOIR, Anne Bernard, À la recherche du Lucy-JaneMontréal, Hurtubise HMH (Atout), 2005, 250 pages.
MAROIS, André (1959 -), Vol à l’étalageMontréal, La courte échelle (Roman jeunesse), 2005, 94 pages. [Série Jérémie et Malie] Illustrations : Stéphane Lemardelé
MILLET, Pascal (1960 -), Saïda le macaqueMontréal, Boréal (Boréal junior 85), 2005, 75 pages. [Série : les nuits de Blues -2] [Illustrations : Bruce Roberts]
OUIMET, José (1954 -), Le Secret du château de la BourdaisièreSaint-Laurent, Pierre Tisseyre (Papillon 116), 2005, 128 pages. [Illustrations : Isabelle Langevin]
THIBAUDEAU, Robert (1946 -), L’Affaire de la couronneSaint-Alphonse-de-Granby, De la Paix (Ados/adultes 30), 2005, 127 pages.
THIBAULT, Sylviane, Twister, mon chien détectiveSaint-Laurent, Pierre Tisseyre (Papillon 108 – C’est la vie…), 2005, 102 pages. [Série : Twister] [Illustrations : Claude Thivierge]
VANIER, Lyne, Maximilien Legrand, détective privéSaint-Laurent, Pierre Tisseyre (Conquêtes 107), 2005, 204 pages.
VILLENEUVE, Michel (1955 -), Un fleuve de sangMontréal, Hurtubise HMH (Atout), 2005, 288 pages. [Série : Alex et les cyberpirates]
Les bandes dessinées policièresVoRo (Pseudo. de Vincent Rioux) & DJIAN (Pseudo de Jean-Blaise Mitildjian), Tard dans la nuit 2 : Ménage de printempsIssy-les-Moulineaux (France), Vents d’ouest, 2005, 48 pages.
GODBOUT, Réal & Pierre FOURNIER, Michel Risque : Le Savon maléfiqueMontréal, La Pastèque, 2005, 110 pages.
GODBOUT, Réal (1951 -) & Pierre FOURNIER, Michel Risque en vacancesMontréal, Éditions de la Pastèque, 2005, 81 pages. [Série : les aventures de Michel Risque, 2]
Études et articles sur le polar québécoisBLAIS, PIERRE, « Sylvie Desrosiers : À l’abordage ! », dans Le Libraire, novembre-décembre 2005, p. 37. NOËL-GAUDREAULT, Monique (propos recueillis par…), « Comment Maryse Rouy a écrit certains de ses livres », dans Québec français 137, printemps 2005, p. 105-106. NOËL-GAUDREAULT, Monique (propos recueillis par…), « Comment Laurent Chabin a écrit certains de ses livres », dans Québec français 138, été 2005, p. 110-111. SIMARD, Hélène, « Camille Bouchard : les voyages forment la jeunesse », dans Le Libraire, mai-juin 2005, p. 30. SPEHNER, Norbert, « De plus en plus populaire, le polar québécois », dans La Presse, dimanche 12 juin 2005, p. 11 [lectures].
Crime & Culture en 2005THÉÂTRELa Chanson de l’éléphantPièce de Nicolas Billon, mise en scène par René-Richard Cyr, assisté de Pierre Pirozzi., avec Jean-François Pichette, Vincent-Guillaume Otis, Jasmine Dubé, présentée du 18 janvier au 12 février 2005 au Théâtre d’Aujourd’hui. Thriller psychologique et huis clos policier. Un médecin, une infirmière marâtre et un jeune patient de l’asile se retrouvent dans un vaste bureau glacial…
TÉLÉVISIONDétect Inc.Série télévisée controversée de Claude Meunier (je n’ai pas pu regarder le premier épisode au complet tellement j’ai trouvé ça stupide !) mise en ondes le lundi 3 janvier 2005, sur les ondes de Radio-Canada. Avec Claude Meunier et Gilbert Sicotte dans les rôles principaux : deux détectives plutôt minables, Bob Marlow et James Bonin ! Réalisation : François Gingras. Avec Anne Dorval, Élise Guilbault, Rémy Girard, Pascale Desrochers, Michel Charette.
L’Héritière de Grande OurseSérie télévisée policière et fantastique qui fait suite à Grande Ourse, mise en onde à Radio-Canada le jeudi 6 janvier 2005. Avec Marc Messier, Norman Daneau, Patrice Godin, Catherine Sénart, Marc Labrèche, Isabel Richer, Albert Millaire, Viviane Audet. Réalisation : Patrice Sauvé. Scénario : Frédéric Ouellet.
Le NégociateurSérie télévisée policière en huit épisodes, librement inspirée par la vie du reporter judiciaire Claude Poirier dans les années 70, interprétée par Frédérick de Grandpré (dans le rôle de Michel-André Cloutier) et mise en onde à TVA le jeudi 20 janvier. Avec, entre autres, Éric Lapointe dans le rôle du truand Richard Blass, Julien Poulin, Pauline Martin, Serge Thériault. Réalisation : Sylvain Archambault. Scénario : Danielle Dansereau.
H20Pièce télévisuelle de quatre heures, réalisée par Charles Binamé, écrite par Paul Gross et John Krizanc. Avec Paul Gross, Leslie Hope, Guy Nadon, Yves Jacques Diffusée sur les ondes de Radio-Canada les dimanches 12 et 19 juin 2005. Thriller politique : le premier ministre du Canada meurt dans un accident de canot qui est un meurtre déguisé. Il a été la victime d’un complot visant à vendre l’eau du Canada aux États-Unis.
Au nom de la loiSérie télévisée à suspense en dix épisodes, mettant en scène Patrick Huard, Jacinthe René et Louis Champagne, qui a été diffusée sur les ondes de Radio-Canada à partir du jeudi 15 septembre 2005. Textes de Michelle Allen & Isabelle Poissant. Réalisation : Podz. Simon Pelletier, condamné pour meurtre à l’âge de 18 ans, s’évade. Est-il coupable ou la victime d’un coup monté ?
CINÉMAManners of Dying, réalisé par Jeremy Peter Allen, est adapté d’une nouvelle de Yann Martel, avec dans les rôles principaux Serge Houde et Roy Dupuis.
DIVERSUne nouvelle collection policièreSurfant sur la vague du succès du genre, Libre Expression a lancé une nouvelle collection de polars, avec une grille graphique des plus novatrices. L’équipe s’est donnée comme mission éditoriale de publier des auteurs reconnus, mais aussi de faire connaître de nouveaux talents. La collection a été inaugurée en automne avec la publication de Le Cri du cerf, de Johanne Semoyr (voir ce titre). Suivront trois titres (printemps 2006) : Badal, de Jacques Bissonnette, Les Enfants d’Annaba, de Jacqueline Lessard, et Verglas, un polar scientifique de Normand Lester et Corinne Vailly. À suivre…
La saga de l’expert :En 2005, le quotidien La Presse a publié en feuilleton, l’ouvrage Wilfrid Derome, expert en homicides, de Jacques Côté (Boréal, 2003).
Un autre cas de vargarisme :Dans L’Enfer des anges, de la Française Chantal Pelletier, l’action se passe au Québec et certains de ses personnages s’expriment dans la « langue de Vargas » ou le québécois revu et déformé par les cousines.
Des prix bien mérités :Le Prix Saint-Pacôme du roman policier a été remporté par Benoît Bouthillette pour son roman La Trace de l’escargot (JCL, 2005). Les deux autres finalistes étaient Mario Bolduc, pour son roman Cachemire (Libre Expression, 2004) et Gérald Galarneau, pour son polar Motel Riviera (JCL, 2005). Les membres du jury : Maryse Rouy (Montréal, écrivain et enseignante), Danielle Laplante (Longueuil, professeur de français) et Lise Audet-Lapointe (Rimouski, libraire). Les Prix de la Rivière-Ouelle, décernés, comme le précédent, par la Société du roman policier de Saint-Pacôme) ont été remportés par :
Le Prix Arthur-Ellis 2004 (décerné en 2005) a été remporté par Anne Lamontagne pour Les Douze pierres (Vents d’ouest, 2004). Le prix Alibis 2005 a été remporté par Luc Baranger avec une nouvelle intitulée « À L’Est d’Eddy », texte publié dans Alibis 15, été 2005, et repris dans le recueil du même nom publié aux éditions de la Veuve noire. Le Prix de la relève de la nouvelle policière a été remporté par Jean-François Bernier, un lauréat de 25 ans, décédé quelques semaines après l’annonce du prix. Ce texte a été publié dans Alibis 15, été 2005.
True CrimeDans la nuit du 13 au 14 novembre 2005, des cambrioleurs ont pénétré par effraction dans les locaux des revues Solaris et Alibis, à Québec, et ont fait main basse sur l’équipement informatique. Cela a retardé la publication du numéro 17 d’Alibis.
Polars étrangers en terre québécoiseVoguant allégrement sur la vague du succès du genre, plusieurs éditeurs québécois publient des polars étrangers (lire : autres que canadiens). C’est le cas des Éditions Pratiko qui ont commencé en 2005 la publication des romans de l’Américaine Robin Burcell, avec un premier titre, Fatale vérité, dans la collection « Polar presse ». À L’Instant même, signalons la publication d’un autre polar de l’auteur belge Morgan Baptiste, alias Vincent Engel : L’Art de la fuite. Chez Flammarion-Québec, on a entrepris de rééditer l’intégrale des titres de Patricia Cornwell en format semi-poche, dans une nouvelle traduction d’André H. Japp, entreprise risquée puisque les livres de poche sont toujours disponibles. On a aussi publié l’excellent roman d’espionnage Légendes, de Robert Littell. Pendant ce temps, chez Libre Expression, outre leur nouvelle collection Polar, on trouve des thrillers de Jenny Silver, Hans Tuzzi, Carlene Thompson et Iris Johansen (dans une mystérieuse collection « Encre de nuit »).
Norbert Spehner
Revue Alibis - Mise à jour: Janvier 2007 - Avis |