Critique: Michael Connelly, Une vérité à deux visages


 Couverture

Paris, Calmann-Lévy (Robert Pépin présente…), 2019, 417 p.

Plein les bras!

S’il est un inspecteur qui n’a plus besoin de présentation, c’est bien Harry Bosch, personnage intrépide qui a beaucoup contribué à faire connaître l’auteur Michael Connelly, qui est en vedette dans plus de vingt romans et qui est aussi désormais le héros d’une série télévisée. Dans sa plus récente aventure, Une vérité à deux visages, on retrouve un Bosch bien occupé… Retraité du LAPD depuis trois ans, après une quarantaine d’années de service, Bosch a pu constater que la retraite ne lui va pas. Il continue donc de faire du bénévolat pour le service de police de San Fernando, travaillant essentiellement aux affaires non résolues. Or, quand un double meurtre a lieu dans une pharmacie, on demande à Bosch de s’occuper de l’affaire avec ses collègues. Le voilà de retour sur le terrain, ne reculant devant rien, pas même devant une infiltration d’un réseau pour le moins dangereux… Et s’il n’y avait que ça!

Au même moment sort une histoire qui pourrait être lourde de conséquences pour Harry Bosch : avec les nouvelles techniques impliquant l’ADN, certains cas ont été réétudiés, et l’un d’eux permettrait d’innocenter un homme que Bosch a fait emprisonner, qui est dans le couloir de la mort depuis des années pour le meurtre d’une jeune femme. L’homme serait relâché sous peu. Bosch est pourtant certain de sa culpabilité… Pire : non seulement on remet en cause l’enquête de Bosch dans cette affaire, on le soupçonne carrément d’avoir falsifié des informations pour en arriver à une condamnation. Son honnêteté et son intégrité sont en jeu… voilà une chose que Bosch ne peut pas supporter! Avec l’aide de son demi-frère avocat, Mickey Haller, que l’on connaît bien pour l’avoir vu dans plusieurs titres de sa propre série, Bosch dispose de neuf jours pour découvrir qui a intérêt à ressortir cette vieille affaire et comment les preuves ont pu changer au fil des ans… Le hic? Il passe une partie de ces neuf journées à infiltrer le réseau précédemment mentionné… Dire que notre inspecteur en a plein les bras est loin d’être exagéré!

Si je devais décrire le travail de Michael Connelly en un seul mot, je choisirais sans hésiter « efficace ». L’auteur va droit au but, tant dans le style, sans fioritures, que dans l’histoire. Ou dans LES histoires, devrais-je dire dans ce cas-ci, puisque Connelly nous offre deux enquêtes pour le prix d’une. Souvent, les auteurs de polars lancent deux enquêtes qui finissent par se rejoindre en cours de route. Pas dans Une vérité à deux visages. Chacune des deux intrigues qu’on nous y propose aurait facilement pu constituer le sujet d’un roman à elle seule. C’est bien raconté, on embarque sans hésiter. Pas de grands retournements au menu, par contre, on arrive à la fin sans trop de surprises, mais l’intérêt réside pour beaucoup dans le personnage de Bosch, dans son entêtement et son humanité, dans la manière aussi dont il s’y prendra pour résoudre les deux affaires. Une suite est à prévoir, Harry Bosch nous en annonce même le sujet à la toute fin de ce roman…

Martine Latulippe