Critique: Michael Connelly, Sur un mauvais adieu


 Couverture

Paris, Calmann-Lévy (Robert Pépin présente…), 2018, 436 p.

Deux enquêtes pour le prix d’une

Il est productif, ce Michael Connelly! Les histoires de Harry Bosch, de Mickey Haller ou du tandem Bosch/Haller se succèdent! Son nouveau polar, Sur un mauvais adieu, met en vedette Bosch, mais son demi-frère, Haller, y figure aussi comme un des personnages importants. Bon, disons-le d’emblée : qu’est-ce que c’est que ce titre? Je l’ai lu et relu, et je comprends très mal ce choix. Un mauvais adieu, peut-être, mais Sur un mauvais adieu? Enfin. Ça m’a irritée au départ. Ça s’est replacé par la suite, parce que Connelly, même si tous ses romans ne sont pas toujours égaux, sait raconter et nous entraîner dans ses différents univers.

Bosch ne travaille plus pour le LAPD, qu’il a servi pendant trente ans. Il s’ennuyait un peu à la retraite (on l’a vu en 2017 dans le roman Jusqu’à l’impensable), mais cette époque est révolue, il n’aura plus le temps de s’ennuyer! D’abord, il travaille de façon bénévole pour donner un coup de pouce à la police de San Fernando dans certaines affaires. Il est actuellement sur un gros dossier, celui d’un violeur en série, le Screen Cutter. En parallèle, voilà qu’un milliardaire, Whitney Vance, demande à rencontrer Bosch. Juste pour lui parler, il est prêt à verser 10 000 dollars… Difficile à refuser quand on est un policier retraité et qu’on doit payer les études supérieures de sa fille… Le but de la rencontre? Donner une mission à Bosch en tant que détective privé, celle de retrouver un héritier de Vance, qu’il aurait abandonné il y a des années. Vance sent sa santé faiblir et laissera des milliards derrière lui. On s’en doute, son entourage ne serait pas ravi d’apprendre l’existence d’un héritier et ne doit absolument rien savoir de cette enquête. Le seul avec qui Bosch peut communiquer est Vance directement. Mais le jour où celui-ci ne répond plus, que faire? Pris par son enquête et excité par le défi, Bosch continue sur sa lancée et suit la trace d’un éventuel héritier.

Souvent, dans ce type de polar, on a deux trames narratives qui finissent par se recouper en cours de route et avoir des liens. Cette fois, il s’agit vraiment de deux enquêtes distinctes menées par Harry Bosch, l’une en tant qu’agent officiel de San Fernando, l’autre à titre personnel. On s’en doute, Bosch n’hésitera pas à utiliser son badge pour les deux et à enfreindre quelques lois! On reconnaît bien le Bosch récalcitrant devant l’autorité et entêté, qui use de méthodes peu orthodoxes mais souvent fort efficaces! Les deux enquêtes sont intéressantes, sans être palpitantes, malgré quelques scènes très efficaces, surtout dans l’affaire du Screen Cutter. Pas mon préféré de Connelly, mais une lecture agréable

Martine Latulippe