Critique: M. C. Beaton, Du lard ou du cochon (Agatha Raisin -22) / Serpent et séduction (Agatha Raisin -23)


 Couverture

Paris, Albin Michel, 2020, 316 et 302 p.

C’est le temps des vacances !

 

Qui dit vacances dit souvent détente, divertissement, lectures plus légères. Pour d’autres lecteurs, c’est plutôt l’occasion de glisser des polars dans leur valise. M. C. Beaton répond à toutes ces attentes puisqu’elle propose, pour vos lectures estivales, deux nouveautés dans la populaire série « Agatha Raisin enquête », série qui mêle humour et intrigue.

J’avais lu, il y a quelques années déjà, les premiers titres de cette série, dans laquelle Agatha Raisin, en plus de naviguer dans des eaux sentimentales tumultueuses, tient une agence de détective privée – qui compte maintenant quatre employés – et réussit toujours à se mettre les pieds là où il ne faut pas ! Quelle ne fut pas ma surprise, en recevant les deux plus récentes parutions de M. C. Beaton, de découvrir qu’on en est aux tomes 22 et 23 des aventures d’Agatha ! La détective n’a rien perdu de sa verve, elle est toujours entourée de personnages aussi colorés que déjantés.

Le tome 22 de la série, Du lard ou du cochon, nous propose une fête de village à laquelle assistent Agatha et quelques amis. Le clou de la fête est un méchoui. Il fait sombre, des hommes commencent à badigeonner le cochon bien embroché, quand tout à coup, Agatha remarque qu’il s’agit non pas d’un cochon, mais bien d’un corps humain ! (Je sais, difficile de croire que personne d’autre ne s’en soit rendu compte…) Pire : elle apprend vite qu’il s’agit du corps d’un homme à qui elle a souhaité, devant plein de gens, tout récemment, d’aller rôtir en enfer… On s’en doute, Agatha est vite classée au rang de suspecte. Les événements se multiplient et tout semble pointer vers elle. Quelqu’un, quelque part, paraît décidé à faire passer Agatha pour la coupable… ou du moins, à l’impliquer assez dans l’affaire pour l’empêcher d’enquêter.

Dans le tome 23, Serpent et séduction, c’est la vie amoureuse de la détective, toujours très présente dans tous les romans, qui est au cœur de l’action, puisque son séduisant jardinier, qu’Agatha aurait bien souhaité devenir son prochain mari, est assassiné. Qui découvre le corps ? Agatha, bien sûr ! C’est qu’il s’en passe des choses dans la petite ville de Carsely, dans les Cotswolds. Après la mort du jardinier, on apprend que celui-ci avait une vie bien remplie, menant plusieurs idylles de front. Est-ce une histoire d’amour qui a mal tourné ? Une vengeance ?

Ces polars se veulent résolument amusants, sans prétention. L’enquête est un prétexte pour nous inviter dans l’univers d’Agatha et de ses proches, un univers qui n’hésite pas à plonger dans la caricature à gros traits d’humour, avec Charles, l’aristocrate anglais, Agatha, la célibataire aux chats prête à tout pour séduire celui qui l’intéresse, son ami Roy, ne reculant devant rien pour pavaner devant les médias, la douce femme du pasteur toujours là pour préparer les repas de son mari… Les aventures d’Agatha dégagent un petit charme suranné, l’auteure multiplie les commentaires volontairement sexistes (on espère que c’est volontaire !), elle présente les travers de tous ses personnages avec un plaisir féroce. Agatha mène son travail de détective de façon brouillonne, à tâtons, suivant son instinct, mais bien sûr sa méthode finit par fonctionner et par déclasser souvent le travail des policiers ! Si vous êtes friand de polar présentant une enquête bien solide, resserrée et intrigante, mieux vaut passer votre tour. La crédibilité en prend pour son rhume, souvent, et le dénouement est cousu de fil blanc ! Mais en chemin, on s’est bien amusé et on a lu un (ou deux, dans ce cas !) roman bien divertissant. C’est déjà pas mal, en période de vacances !

Martine Latulippe