Critique: Lars Kepler, Lazare


 Couverture

Arles, Actes Sud (noirs), 2019, 541 p.

Prière de ne pas lire avant de dormir !

Lars Kepler est de retour ! Pseudonyme utilisé par un couple d’écrivains suédois, Alexander et Alexandra Ahndoril, Kepler offre chaque fois de véritables page turner. Lazare, son plus récent, ne fait pas exception. L’auteur nous revient avec le personnage qui l’a fait connaître, l’inspecteur Joona Lina, qui en est à sa septième aventure. Bien qu’on ne puisse pas dire que Joona soit au cœur de l’enquête cette fois…

Le roman s’ouvre sur un corps trouvé dans un appartement, en état de décomposition avancée. Les policiers envoyés sur place découvrent, dans le congélateur, des restes humains. La victime semblait avoir comme loisir la profanation de sépultures… Parmi les restes retrouvés chez elle, il y a le crâne de la défunte épouse de l’inspecteur. Troublant… Tout de suite après, en Allemagne, un pédophile est assassiné. Au nombre de ses appels récents : le numéro de Joona… Joona Lina en a plein les bras. Il comprend vite que ce n’est pas que le hasard qui s’acharne sur lui : son ennemi juré, Jurek Walter, est de retour, il en est convaincu, et c’est lui qui est derrière tout ça. Or, sa collègue Saga a tué Jurek dans un roman précédent. Elle tente d’expliquer à Joona que son retour est impossible, mais celui-ci n’en démord pas. Jurek, le pire tueur en série d’Europe du Nord, a repris du service. Joona s’enfuit avec sa fille pour la protéger, laissant ses collègues mener l’enquête. Ceux-ci ne sont pas trop convaincus, ayant plutôt tendance à croire que Joona a développé une obsession pour cet homme. Son comportement irrite même un peu… Paranoïa ou crainte justifiée ? Et si c’était vrai ?… Même si c’est Joona qui lance l’affaire, il ne joue pas un si grand rôle dans le récit par la suite. C’est plutôt sa collègue Saga qui se retrouve au cœur de l’enquête… au cœur également d’une véritable descente aux enfers.

Tous les titres de Lars Kepler sont sombres à souhait (L’Hypnotiseur, Le Pacte, Désaxé…), mais celui-ci va encore plus loin, il me semble, dans la violence et la noirceur. Rien n’est épargné au lecteur. C’est tordu, certaines scènes sont pratiquement insupportables. Ce n’est pas très crédible, hélas (certains personnages tiennent plus du monde des superhéros que des humains et la résurrection semble décidément fréquente dans la série !), mais force est d’admettre qu’il est difficile de déposer le livre une fois qu’on en entreprend la lecture. Les chapitres sont courts, le rythme quasi frénétique, les scénarios cauchemardesques se succèdent. Un suspense efficace et assez stressant merci… qui ne prédispose certainement pas au sommeil !

Martine Latulippe