Critique: Camilla Grebe, Le Journal de ma disparition


 Couverture

Paris, Calmann-Lévy (noir), 2018, 425 p.

Une étoile est née… encore !

Je l’avoue, j’ai soupiré quand j’ai vu la quatrième de couverture du roman Le Journal de ma disparition. On y écrit, à propos de l’auteure Camilla Grebe : « La nouvelle star du polar suédois revient hanter notre hiver ». Je n’ai pas pu m’empêcher de me dire qu’on nous annonce de nouvelles étoiles du polar suédois toutes les semaines ou presque, depuis quelques années… Je n’avais pas lu le premier titre de cette auteure (Un cri sous la glace). J’ai pensé : « Bon, allons voir ce qu’il en est et lisons ce roman ! » Bonne décision.

Le personnage au cœur du récit est Malin, une policière qui vient d’une petite ville suédoise très tranquille, Ormberg. Une ville si calme que Malin se dit que les habitants y inventent des histoires de revenants pour ne pas trop s’ennuyer ! Adolescente, alors qu’elle se promenait dans le bois avec ses amis, la jeune Malin fait une découverte terrifiante : le cadavre d’une fillette de quelques années à peine. Elle en restera bouleversée. Huit ans après avoir trouvé le corps de cette fillette, Malin est devenue policière. Le nouveau directeur de la police nationale s’intéresse aux affaires non résolues et rouvre l’enquête sur cette tragique découverte. Malin s’y retrouve mêlée malgré elle quand deux collègues qui y travaillaient, Hanne et Peter, manquent soudain à l’appel. La profileuse, Hanne, est retrouvée dans la forêt, blessée, bouleversée, amnésique, et Peter, l’inspecteur, a disparu… Est-ce en lien avec la première affaire ? Que se passe-t-il dans la petite ville d’Ormberg ? En parallèle de ce récit, on suit l’histoire de Jake, un ado très affecté par son attirance pour le maquillage et les vêtements féminins, qui se retrouve en possession du journal dans lequel Hanne notait tous les détails de l’enquête et de sa vie. Jake ne veut pas le remettre aux autorités, car il devrait expliquer comment il a pu le trouver… Le récit de Malin et le journal d’Hanne s’entrecroisent donc pour nous mener vers la résolution finale de l’affaire.

L’auteure crée des personnages attachants, en plus d’aborder de façon très intéressante des sujets nombreux et d’actualité : les réfugiés, la xénophobie, la pauvreté, l’intimidation… Le tout avec doigté et selon plusieurs points de vue, sans tomber dans le manichéisme. L’intrigue est bien construite, plusieurs suspects potentiels sont présentés, on croit à la misère d’Ormberg, ville désenchantée touchée par le chômage et la misère. De petits détails m’ont dérangée, notamment le fait que Jake étire la lecture du journal sur une période beaucoup trop longue pour être crédible, alors qu’il devrait mourir d’envie d’en savoir plus, surtout que sa famille devient directement concernée par l’enquête. Mais rien pour bouder son plaisir. Bref, je ne sais pas si une nouvelle star est née, mais de toute évidence, Camille Grebe est une bonne auteure, et la lecture du Journal de ma disparition m’a donné envie de retourner lire son premier polar. Une auteure à suivre, donc !

Martine Latulippe