Critique: Alexandre Beaudoin et Amélie Charron, Le Crime, l’empreinte et la science


 Couverture

Montréal, MultiMondes, 2018, 118 p.

Le crime, la réalité et la fiction

Qu’est-ce qu’une scène de crime ? Comment les enquêteurs l’abordent-ils ? Quels sont les indices qu’ils tenteront d’y relever et par quels moyens scientifiques pourront-ils les « faire parler » ?

Les populaires émissions de type CSI, bien que documentées correctement, peuvent laisser croire au public que tout sera mis en boîte, analysé et compris en un claquement de doigts – c’est le cas de le dire quand il est question d’un « match » d’empreinte qui, à la télé, semble à peu près instantané, alors que le processus est pas mal plus complexe.

Et donc, les auteurs souhaitent, par cet ouvrage de vulgarisation scientifique, montrer la réalité au-delà de la fiction.

Alexandre Beaudoin est chercheur en criminalistique à la Sûreté du Québec. Il a été, entre autres, président cofondateur de l’Association québécoise de criminalistique de 2010 à 2014. Amélie Charron, diplômée en biologie, enseigne la science dans une école secondaire. Leurs expertises conjuguées donnent un passionnant petit ouvrage qui saura intéresser le lecteur de polar et deviendra un guide indispensable pour l’écrivain qui œuvre dans ce genre littéraire.

En des termes relativement simples, avec croquis et photos à l’appui, ils font le tour du travail des enquêteurs, du moment de l’arrivée sur la scène de crime où il faut protéger les possibles indices, jusqu’à l’analyse de ce qui a été récolté. Les empreintes et les outils pour les prélever, la balistique, etc. Ils citent des exemples tirés des annales judiciaires et concluent par une bibliographie.

En tant qu’auteure de polar, j’étais très curieuse de lire ce bouquin. Je mentirais si je prétendais que j’y ai fait des découvertes ahurissantes : la lecture de romans policiers ainsi que le visionnement de séries télé « réalistes » (par exemple, 19-2), nous offrent une idée assez juste du travail des policiers… mais on y prend parfois des raccourcis. Or, grâce à ce très convivial ouvrage, j’ai eu l’impression d’effectuer une visite dans les locaux de la police scientifique, accompagnée par un guide (bicéphale) doté d’une formation pédagogique, qui m’a présenté son travail de façon concrète au lieu de se lancer dans de grands discours abstraits.

Le bouquin est court, resserré. Il est donc difficile de le commenter longuement. La plume des auteurs est limpide ; la structure de l’ouvrage est linéaire, comme si on suivait une enquête pas à pas. Bref, ça se laisse lire (d’une traite) et relire (pour approfondir). Un outil indispensable pour le lecteur et l’écrivain de polar curieux d’ajouter une connaissance pratico-pratique du travail des enquêteurs.

Catherine Sylvestre