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Camera oscura 36Christian Sauvé Exclusif au volet en ligne (Adobe Acrobat, 1.08Mo) d'Alibis 36, automne 2010
Étant donné la variété présente sous l’appellation « film à suspense », Camera oscura a rarement le luxe d’un trimestre où une thématique claire se dégage des films examinés. Cette chronique-ci ne fera pas exception, partagée entre le cinéma d’action, la comédie, le film d’exploitation et les drames plus ambitieux. Profitons donc de l’été 2010 qui s’achève pour célébrer le cinéma à suspense dans toute sa diversité.
Une femme contre le systèmeLe thriller reste parfois bien masculin. Camera oscura aborde souvent des longs-métrages où les rôles féminins sont triviaux, ou qui présentent des héroïnes taillées sur mesure pour plaire aux désirs masculins. Le simple test Bechdel (énoncé par l’écrivaine Julie Bechdel : Le film comprend-il une conversation entre deux personnages féminins, sur un sujet autre qu’un homme ?) révèle aisément les lacunes du cinéma à suspense en la matière. Car si les deux sexes sont également capables de meurtre, de guerre, de sang et de mystère, Hollywood a parfois les idées bien typées en la matière.
Cependant, nonobstant les considérations féministes, le film mérite-t-il que l’amateur de cinéma à suspense le regarde ? Ça, oui : Salt est un thriller d’espionnage comme on en voit maintenant rarement, ravivant la terreur nostalgique des agents-taupes russes pour la combiner avec la mode cinématographique contemporaine. Longue poursuite où une seule femme doit échapper à ses traqueurs, Salt avance à un bon rythme malgré quelques interludes étranges, et même l’agaçante surenchère de montage saccadé à la Bourne n’est pas suffisante pour gâcher le plaisir des séquences de suspense bien contrôlées. On devine parfois quelques surprises dans le scénario de Kurt Wimmer, mais l’impression générale est celle d’un film d’action compétent, ce qui n’est pas étranger à la qualité des acteurs qui tiennent les rôles principaux (Jolie, mais aussi Chiwetel Ejiofor et Liev Schreiber). Le film se conclut en laissant la porte entrouverte pour au moins une suite. Reste à voir si, le personnage ayant été établi, le scénario suivant saura montrer Salt comme femme plutôt que super-héroïne.
L’intrigue a beau porter sur un réseau de traite de blanches, puis les sévices infligés à Salander durant sa jeunesse, l’intérêt de la série est surtout dû à ses personnages. Mélangée à l’atmosphère d’une Suède moderne et entachée de problèmes sociaux, la mixture a de quoi retenir l’attention.
Ceci dit, il n’est pas difficile de se laisser emporter par le combat que mènent nos deux valeureux vengeurs contre la misogynie institutionnelle. (Les deux films passent aisément le test Bechdel.) Il y a aussi de quoi admirer l’approche prise par Larsson, surtout dans le troisième tome, pour résoudre les problèmes qu’il évoque. Autant il creuse les dessous du modèle social-démocrate suédois, autant il permet au système lui-même de se débarrasser de sa propre infection. Tour de force pour un écrivain de gauche avoué que de livrer un thriller bien nourri, tout en reconnaissant les limites de la vengeance individuelle. La grande finale de la trilogie finit par livrer aux personnages un aboutissement tant officiel que personnel. En dehors d’un resserrement nécessaire de l’intrigue qui a fait disparaître au passage plusieurs détails, l’adaptation cinématographique de cette fin de trilogie n’aura pas de quoi déplaire, ni aux amateurs des romans ni à ceux qui ne connaissent rien de la série. Peut-être moins frappant que le premier volet, le duo Millenium 2-3 s’impose tout de même comme un des bons choix du trimestre, disponible en primeur dès maintenant dans les clubs vidéo canadiens-français.
Quand la romance s’embrouille de violence
Évidemment, toute comparaison devra tôt ou tard s’intéresser aux scénarios. Là, aucun des deux films ne se couvre de gloire. Si Killers offre au moins un moment intéressant, alors qu’une paisible banlieue se révèle être un repaire d’où jaillissent des assassins rivaux, le reste du scénario se contente de livrer les évidences, avec des dialogues ternes, des situations à moitié développées, un rythme syncopé et une conclusion qui a de quoi laisser mal à l’aise. Même sans compter un prologue inutile qui en dit trop et le fait trop vite, c’est un film moyen à bien des égards, sans pics ni vallées d’intérêt. En revanche, Knight and Day donne l’impression d’un scénario avec des hauts et des bas assemblés de manière incohérente, sans égard pour la plausibilité ou la cohérence de ton. Sous la direction de James Mangold, les scènes peuvent parfois être intéressantes mais se succèdent sans être reliées par une trame narrative soutenue : même le titre n’a pratiquement aucun rapport avec le film. Défaut de conception ou bien conséquence d’un film rescapé du désastre en postproduction ? Le résultat est non seulement frustrant du simple point de vue narratif, il est d’autant plus enrageant qu’un film avec une prémisse aussi simple aurait dû mener facilement à un film sympathique. Au lieu d’une comédie estivale divertissante combinant action, romance et comédie, on doit plutôt faire face à un fouillis invraisemblable. Personne n’attendait grand-chose de Killers, mais la déception de Knight and Day est entièrement auto-infligée. Dans cette comparaison entre deux films aussi déficients, n’espérez pas une recommandation. Tout au plus conclura-t-on qu’ils sont frustrants chacun à leur manière.
Étranges hérosUn des paradoxes du métier de scénariste est que si les genres narratifs sont parfois bien limités, la panoplie de personnages possibles est pratiquement infinie. Alors que les films de vengeance sont pratiquement tous typés dans le sillage de Death Wish, il est toujours possible de les revigorer en y insérant un héros atypique. Parallèlement, si les films d’exploitation sont bien conçus pour répondre à des attentes particulières, pourquoi ne pas les différencier en profitant d’un contexte culturel spécifique ? C’est ainsi que l’on peut discuter communément de Harry Brown et Machete, deux films extrêmement différents qui partagent tout de même quelques qualités fort intéressantes. Dans les deux cas, il s’agit de films avec des héros titulaires qui sont poussés par la mort d’un ami à exécuter une vengeance bien personnelle à partir de problèmes aux ramifications sociales beaucoup plus vastes. Pour rendre cette prémisse bien familière plus intéressante, on aura recours à un héros retraité dans un cas, et à un redoutable Mexicain dans l’autre.
Vivant simplement dans un quartier malfamé de Londres, l’ex-soldat Brown évite les jeunes truands qui dominent les environs, cherchant à oublier la mort de son épouse pendant des parties d’échec jouées avec un ami. Mais quand cet ami est sauvagement tué, Brown décide de nettoyer son voisinage. Avant peu, les truands réaliseront qu’ils ont affaire à un coriace qui en a vu d’autres durant sa carrière militaire. Pour ceux qui ont suivi la carrière de Michael Caine, Harry Brown est un pur hommage à tous les rôles de durs que l’acteur a incarnés au cours de sa carrière. Dans la peau de Brown, il réussit sans peine à faire allusion à ces films passés pour rehausser le regard perçant qui échappe à la faiblesse générale de son corps. Intelligent, retors et nettement plus préparé que ses jeunes adversaires, Harry Brown réussit là où les forces policières surmenées sont incapables d’agir. Une scène particulièrement impitoyable voit Brown reprendre le collier en terrassant sans peine quelques trafiquants de drogue jeunes et niais, et prouve sans conteste que Caine, même à soixante-quinze ans passés, a toujours une présence formidable à l’écran. En revanche, les tensions entre les origines de bas étage de la trame narrative et la réalisation lente et parfois prétentieuse du film sont parfois trop évidentes pour laisser le spectateur s’abandonner au plaisir du visionnement. Le film sera trop violent pour ceux qui souhaitent un commentaire social sur la jeune décadence urbaine et malgré tout trop réservé pour ceux qui préfèrent la rectitude morale de la vengeance de Brown. Malgré l’excellence de Caine dans un rôle quasi parfait pour lui à ce stade-ci de sa carrière, Harry Brown caricature la violence de ses antagonistes et réfléchit trop sur celle de son protagoniste pour livrer une expérience pleinement satisfaisante.
On se souviendra que Machete tire son inspiration d’une bande-annonce factice ajoutée au film-hommage Grindhouse et, donc, le plus grand compliment que l’on puisse lui faire est qu’il finit par répondre aux attentes créées par ce gag de 140 secondes. Danny Trejo se révèle être parfait pour le rôle-titre, et sa présence convaincante est loin d’être la seule surprise de la distribution des rôles étonnante, qui combine des noms aussi disparates que Robert de Niro, Steven Seagal et Lindsey Lohan dans un film qui, nous le devinons, a dû être une partie de plaisir pour les acteurs réunis. Tel est l’avantage d’une production qui ne se prend pas du tout au sérieux. Mais même un film de pur divertissement n’est pas nécessairement sans arrière-pensée, et c’est avec une certaine satisfaction que l’on voit Machete réussir à présenter certains moments plus insolites dans le domaine du cinéma respectable. Il est difficile de ne pas remarquer, par exemple, à quel point la culture latino-mexicaine domine chaque facette du film. Réalisé loin d’Hollywood par une équipe de production fortement influencée par son environnement texan, Machete présente sans vergogne les images bariolées, les symboles catholiques et la riche nourriture de la diaspora latino-américaine. Petit triomphe culturel habilement déguisé sous la veste de cuir du cinéma d’exploitation, le film s’avère une bouffée d’air frais au sein d’une culture hollywoodienne souvent homogénéisée. Les férus de l’œuvre de Robert Rodriguez ne seront pas vraiment surpris d’y voir la reprise d’un thème constant dans son œuvre, mais ils seront satisfaits de voir là un certain aboutissement de la démarche.
Plusieurs bêtes valent mieux qu’uneUne des coïncidences les plus surprenantes du cinéma d’action en 2010 a été l’arrivée coup sur coup sur coup de trois films partageant les explosions entre un groupe de héros. Peu après The Losers, voilà que The A-Team et The Expendables ont à leur tour déferlé en salle, présentant un ensemble de personnages s’en prenant à des vilains plus grands que nature. Les racines années quatre-vingt de ces deux films sont évidentes, mais un seul a véritablement réussi à adapter la formule au goût d’aujourd’hui.
Malheureusement pour les autres publics, The Expendables calque si bien son modèle qu’il parvient aussi à recréer l’ennui machiste suscité par ses inspirations. Le cinéma d’action des années quatre-vingt n’a pas toujours très bien vieilli et la nostalgie a ses limites. Voir des brutes stéroïdées s’en prendre à un régime latino-américain corrompu a des relents reaganesques que l’on croyait révolus, une impression que ne calme pas l’insertion inepte d’une romance mai/octobre entre Stallone et une jeune révolutionnaire. D’autres scories s’accumulent, telles l’inclusion gratuite d’un monologue dramatique qui semble venir de nulle part, la réalisation incompétente des scènes d’action ou bien la gratuité méchante de certains moments. Sans finesse et passé de date, The Expendables réanime un genre de film qui, on en vient à cette conclusion, est maintenant mort et enterré.
En revanche, avouons que les excès du film fonctionnent à un certain niveau. Le rythme accéléré évite l’ennui, les péripéties débiles accrochent l’attention malgré tout, et l’humour sans prétention du scénario rend impossibles les critiques trop virulentes. Une scène où les personnages réussissent à survivre à une chute de haute altitude en tirant des obus à partir d’un char d’assaut est tellement ridicule qu’elle provoque un plaisir soutenu plus qu’un décrochement total : elle s’inscrit sans peine dans la logique délirante du film et prouve bien qu’un peu de folie légère est de loin préférable à la méchanceté machiste. On remarquera aussi la sophistication narrative d’un scénario souvent anachronique qui ne cesse de télescoper plans, alternatives et implémentation, faisant confiance au public pour rapiécer cause et effet tout au long du déroulement de l’intrigue. Le plaisir du visionnement commence avec les acteurs. Liam Neeson s’amuse bien dans le rôle du patriarche que rien ne surprend, alors que Bradley Cooper scintille en héros charmeur. Quinton Jackson a fort à faire pour réincarner un rôle originalement tenu par M. T, et il réussit à se tirer d’affaire malgré une ou deux épiphanies forcées. Après plusieurs films à petit budget, le scénariste/réalisateur Joe Carnahan parvient finalement à laisser libre cours à son imaginaire visuel, et le résultat se laisse bien regarder en autant que l’on module ses attentes. Légèrement idiot mais pas brutal, The A-Team réussit à livrer la marchandise comme pur film d’action contemporain – les amateurs les plus susceptibles d’aimer ce type de divertissement se reconnaîtront sans peine.
Modestes surprisesUn des avantages du simple cinéphile sur le critique professionnel est sans doute l’absence d’attentes. Alors que le critique bien informé scrute chaque nouvelle parution avec une loupe formée de jugements précédents, l’amateur de cinéma moins obsessif peut se payer le luxe de choisir un film sans aucune autre idée préconçue que le titre et l’affiche du film. Quelque chose à garder en tête dans l’éternelle discussion entre critiques et gens ordinaires : « Mieux que ce à quoi je m’attendais » est un commentaire critique d’une valeur limitée pour ceux qui n’ont pas d’attentes… Ceci dit, certains avertissements sont plus utiles que d’autres. Voir Will Ferrell tenir la vedette dans une comédie policière n’est pas un gage de qualité lorsqu’on se souvient de la feuille de route de l’acteur, jonchée de variations sur un personnage bien particulier – celui de l’homme-enfant colérique, impulsif et à plusieurs égards tout à fait insupportable. Est-ce que The Other Guys, mené par un réalisateur qui en est à sa troisième collaboration avec Ferrell, serait un autre film typique dans sa carrière ?
Comme sujet de comédie subversive, il est difficile de trouver mieux que les films d’enquête hollywoodiens : le genre est tellement typé dans ses conventions qu’il est aisé de montrer des vaches sacrées du doigt. Ainsi nos protagonistes conduisent une humble automobile Prius, adorent le travail ordinaire des « beat cop », ont des partenaires surprenants et rencontrent une foule de personnages excentriques. Pendant ce temps, les scènes d’action mettant en vedette les deux super-policiers frisent la parodie des films d’action. Comme clin d’œil au sous-genre du buddy movie policier, c’est nettement plus réussi que l’exécrable Cop Out du printemps 2010. Il y a des défauts, bien évidemment : le ton du film n’est pas parfaitement contrôlé (l’infographie populiste qui accompagne le générique final semble tirée tout droit d’un film de Michael Moore) et certaines séquences potentiellement intéressantes sont désamorcées par un manque de retenue. Comme toutes les comédies, The Other Guys risque d’être plus comique pour certains spectateurs que d’autres et le film s’essouffle en fin de parcours. Et pourtant, malgré tout, The Other Guys garantit quelques rires et comblera ceux qui veulent jeter dans l’oubli trop de drames policiers sans sourires…
Une bonne partie de cet attrait revient directement au groupe de jeunes acteurs assemblés pour l’occasion. La composante dramatique du film repose sur la conviction de leurs performances, et Takers finit par obtenir une bonne chimie entre des vedettes montantes tels Matt Dillon, Paul Walker, Michael Ealy et Idris Elba. La réalisation du film, elle, est à deux tranchants : si elle peut être rapide et efficace pour représenter tout le mouvement des scènes d’action, elle devient tout aussi excessive et incompréhensible à l’occasion, ruinant des séquences qui auraient été beaucoup plus excitantes si elles avaient bénéficié du luxe de quelques longs plans (on pointera du doigt, en particulier, une longue séquence de chasse à pied avec une cascade époustouflante de saut d’un édifice à l’autre, charcutée par le montage trop rapide). Pour le reste, Los Angeles fournit un terrain de jeu propice à une autre histoire de crime. Certains regretteront sans doute l’absence de fibre morale dans un film où des policiers bien imparfaits affrontent de manière bien inégale de glamoureux voleurs aux complets-veston finement taillés, et il y a effectivement des questions à se poser sur un film qui se complaît souvent dans le train de vie exemplaire de ses criminels héros. Mais pour ceux qui sont en mesure de tolérer un peu d’ambiguïté morale, de montage nerveux et d’éléments dramatiques familiers, Takers se révèle être une modeste surprise de fin d’été, un thriller California-noir ensoleillé qui meublera bien les froides soirées d’hiver.
Artifices et adaptationsNon contente de s’approprier un roman et de l’adapter comme bon lui semble au grand écran, Hollywood a parfois la manie d’en changer le titre. Parfois les raisons de ce nouveau titre sont évidentes. Parfois, elles sont révélatrices et en résument beaucoup d’autres.
Reconnaissons que l’essentiel du roman est conservé. Dans une petite ville rurale d’Italie, un homme tente de se faire oublier du monde. En public, il se fait passer pour un artiste, entretient de longues conversations symboliques avec un prêtre et tisse malgré lui des liens affectifs avec une apprentie prostituée. En privé, il est chargé d’une dernière commission : modifier une arme qui servira inévitablement à assassiner une figure quelconque. Le rythme du film, extrêmement vieillot et délibéré avec de longs plans et d’aussi longs silences, ne tente même pas de distraire de la minceur prévisible de l’intrigue. Plusieurs spectateurs resteront insatisfaits, jusqu’à ce qu’ils s’intéressent au roman d’origine. Car si le roman est carrément une étude de personnage qui, par hasard, s’intéresse à un gunsmith pour assassins, le film ajoute du matériel pour renforcer une trame narrative de thriller qui ne parvient pas à convaincre. The American tente de conserver l’aspect contemplatif du roman original, mais ne peut résister à l’envie d’ajouter un contact inquiétant, un prologue meurtrier et quelques scènes d’action molles dans le but de se faire passer pour un film à suspense. C’est un pari manqué, car le film tombe alors entre deux chaises : les scènes d’action ont de quoi distraire du portrait dramatique d’un professionnel du meurtre, mais le tout reste trop glacial pour réussir comme thriller. On notera, tout au plus, une finale radicalement différente entre le film et le livre, et ce même si le film lui-même ne réussit guère à impressionner.
Film le plus récent dans le sous-genre des thrillers criminels bostoniens, The Town partage avec Gone Baby Gone une atmosphère authentique des lieux, un rythme bien mené, une réalisation compétente qui livre la marchandise et plusieurs acteurs tout à fait convenables dans leurs rôles. En plus de petits rôles mémorables de Chris Cooper et Pete Postlewaite, on remarquera également Jeremy Renner dans un autre rôle marquant et Jon Hamm comme agent du FBI qui obtient l’essentiel des bonnes répliques du scénario. Tout ceci sans compter la place qu’occupe Boston dans l’attrait visuel du film, qu’il s’agisse de la communauté de Charlestown, d’où viennent la plupart des personnages, ou bien des monuments locaux tel le Fenway Park. Pas aussi pyrotechnique que The Departed, mais nettement moins fataliste que Mystic River, The Town allie scènes d’action bien menées, personnages complexes, intrigue nourrie et un plaisir de visionnement soutenu. Mieux encore, au moins pour les fervents du livre, le film s’avère une bonne adaptation du roman de Chuck Hogan (originalement Prince of Thieves, sans doute retitré pour éviter la confusion avec Robin Hood : Prince of Thieves de Kevin Costner), conservant une bonne partie des points forts de l’œuvre originale tout en les transposant à l’écran de façon dynamique – avec une touche finale d’optimisme bienvenue. Pas de doute : c’est un succès pour tous ceux impliqués dans la réalisation du film, et particulièrement pour Ben Affleck – qui devient soudainement un réalisateur de drames criminels à remarquer, seulement sept ans après le nadir que fut Gigli. Qui l’aurait cru ?
Bientôt à l’afficheComme d’habitude, l’automne s’annonce une saison faste pour le cinéphile à suspense ; on notera trois films à surveiller plus particulièrement. Buried prend le pari de créer un long-métrage à partir d’un protagoniste enfermé dans un cercueil enterré : le résultat sera diffusé à la grandeur du continent après une réception enthousiaste sur le circuit des festivals. Red s’inspire de la bande dessinée de Warren Ellis pour s’intéresser à d’ex-agents secrets retraités qui reprennent du service pour lutter contre leur employeur, mais semble transformer une sombre BD au héros solitaire en une comédie d’action aux nombreux personnages. On remarquera aussi Unstoppable, retour au grand écran de Denzel Washington dans les mains de Tony Scott, qui se paie un pur thriller au sujet d’un train lourdement chargé d’explosifs qui menace de dévaster une grande ville. En attendant de voir ce qui explosera au grand écran et ce qui finira par manquer de gaz, bon cinéma !
Revue Alibis - Mise à jour: Octobre 2010 - Avis |