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Pour nos lecteurs |
Encore dans la mirede Jean Pettigrew, Norbert Spehner, François-Bernard TremblayExclusif au supplément Internet (Adobe Acrobat, 1 229Ko) d'Alibis 6, Printemps 2003
La crème du crime 2002
L'examen du sommaire permet plusieurs constatations. D'abord, il y a relativement peu de noms très connus. J'ai beau fréquenter assidûment le genre, il y a là des noms que je ne connais pas, peut-être parce ce ne sont pas tous des romanciers mais des nouvellistes uniquement. Et parmi les têtes d'affiche, toutes ne sont pas des écrivains spécialisés, exception faite de Bill Pronzini, de Peter Robinson et de T. Jefferson Parker. Russel Banks et Joyce Carol Oates ne sont pas limités au polar, leur œuvre est plus variée. Par ailleurs, certaines de ces nouvelles ont été publiées d'abord dans des revues littéraires non spécialisées dans le polar, comme High Plain Literary Review, The Missouri Review, Esquire et Alaska Quarterly Review. Évidemment, il y a des histoires tirées des revues policières du moment comme Alfred Hitchcock's Mystery Magazine et l'incontournable Ellery Queen's Mystery Magazine, ou encore Mary Higgins Clark Mystery Magazine et quelques autres. Pour une fois, je suis d'accord avec le menteur de service qui sévit habituellement sur les quatrièmes de couverture : le choix des nouvelles est très éclectique, mais ce sont toujours des textes remarquables par leurs qualités stylistiques et leur atmosphère. Il paraît évident, en les lisant (elles sont inégales en intérêt, mais on ne s'ennuie jamais), que Lawrence Block a donné une nette orientation « littéraire », privilégiant parfois la forme au détriment du contenu. Si ce sont là les meilleures nouvelles policières américaines, on peut affirmer sans se tromper que le genre policier est en bonne santé et de grande qualité. Bref, aux États-Unis, le crime a encore de l'avenir ! (NS) Moisson noire 2002
Ah ! La perfide Albion...
Passe-temps pour les âmes ignobles serait à ranger dans cette catégorie, avec son point de départ plutôt original: Richard Carter, un Anglais installé en Dordogne, achète un roman pour s'apercevoir, à sa grande et fâcheuse surprise, qu'il est le « héros » du livre. Le roman, signé par un auteur inconnu, dévoile à mots à peine couverts des événements de sa vie qu'il croyait enfouis à jamais. De plus, il s'aperçoit que sont également mis en cause trois autres Anglais installés comme lui en Dordogne. L'écrivain inconnu promet une suite et de nouvelles révélations... Qui est-il ? Quels sont ses motifs ? Les intéressés vont se réunir, aviser, réagir, jusqu'à provoquer l'irréparable! Le problème avec ce genre d'idée forte, originale, c'est que l'auteur, trop souvent, ne sait pas comment la mener à terme, ce qui entraîne parfois des dénouements artificiels, « fabriqués ». Ça n'est pas le cas ici puisque le scénario, très hitchcockien, se déroule selon une logique implacable. Sanders tire au fusil (de chasse) sur l'hypocrisie de ces Anglais bcbg, qui ont tous quelques squelettes dissimulés dans leurs placards. Coincés comme des rats, obligés de révéler leurs turpitudes, ils deviennent des bêtes aux abois, des êtres traqués, obsédés, paranoïaques et terriblement dangereux. La situation va carrément déraper quand l'un d'entre eux va se mettre dans la tête que le coupable se trouve parmi eux. Derrière les façades, Sanders nous révèle une véritable cour des miracles de bourgeois alcooliques, hypocondriaques, obsédés sexuels, menteurs, tricheurs, fascistes, assassins, adultères et j'en passe et des meilleures. Du grand guignol, mais terriblement crédible, avec un dénouement sanglant et délicieusement machiavélique. (NS) Passe-temps pour les âmes ignobles
Modèle suédois
Dans un petit appartement de Londres, la police retrouve le cadavre d'un jeune suédois baignant dans son sang. La scène du crime est peu commune ; il y a là, aux dires des inspecteurs, une mise en place ou une mise en scène, dans laquelle on soupçonne l'assassin d'avoir filmé ses actes barbares, sortes de rituel qui pourraient ressembler à une danse. Puis, c'est dans un appartement de Göteborg, en Suède, qu'un crime similaire est commis. L'enquête n'avance pas, tant du côté anglais que du côté suédois. Erik Winter, le commissaire suédois, propose à Steve Mcdonald, son homologue londonien, de faire équipe le temps d'une enquête. Ce n'est pas cette alliance qui fera arrêter la série de meurtres de ce tueur. Ensemble, les deux hommes partagent leurs réflexions : deux origines, deux visions, mais une même volonté de sauver le monde. Danse avec l'ange est le premier d'une série mettant en scène le jeune commissaire Erik Winter, un personnage complexe qui aime le jazz et la mode masculine. L'auteur place le lecteur dans la peau d'un enquêteur, pas toujours le même, souvent Winter, parfois Mcdonald, d'autres fois des acolytes. La frustration de ces derniers est palpable car l'intrigue avance à pas de tortue. Les 300 premières pages en sont presque choquantes tellement les actions et les descriptions des scènes de crime nous sont livrées au compte-gouttes. Les 150 dernières pages valent à elles seules le déplacement, les dialogues, qui sont nombreux, sont étouffants pour le lecteur qui ne sait plus qui parle à qui, et qui répond à quoi. Est-ce que tous ces efforts de compréhension de lecture en valent vraiment la peine ? À mon humble avis, vous feriez mieux de vous rabattre sur autre chose. (FBT) Danse avec l'ange
Vices de procédure
Le roman raconte l'histoire du procès, depuis la sélection des membres du jury jusqu'au verdict, suivi d'un épilogue (à ne pas manquer). Ceci dit, il ne s'agit pas ici d'une de ces avocasseries américaines à la sauce Grisham. C'est très différent, ne serait-ce que dans le style très particulier de l'écriture romanesque et de la narration. Les réflexions de l'accusé sont présentées en alternance avec un narrateur anonyme qui, lui, nous raconte les épisodes juteux de ce procès hors du commun. C'est un roman à la française, c'est-à-dire très bavard, quoique bref, parfois agaçant. Un vrai déluge... Mais il y a l'humour noir, le cynisme des deux compères qui n'épargnent personne. Certaines phrases assassines sont des morceaux d'anthologie : « ... un autre juge, jeune gars précieux qui traverse souvent la place en affichant une mine dégoûtée, comme si un chihuahua invisible chiait dans ses Weston ». Et on se marre... Mais on est aussi intrigué par l'attitude incompréhensible du coupable présumé. Il semble clair qu'entre lui et Milena, il y avait une passion réciproque. Alors, que s'est-il passé? Pourquoi ce silence obstiné ? La justice est présentée comme un spectacle pompeux, souvent grotesque, où l'effet compte plus que l'argument. L'accusé n'est qu'un pion entre les mains d'experts de la parlotte et du geste éloquent. On grince des dents, puis on jubile, on se révolte, puis on se marre, les auteurs ne nous épargnent rien de ce cinéma extravagant, pendant que l'accusé songe à ses parties de jambe en l'air torride avec la disparue. Le sexe est omniprésent dans ce bouquin et pas toujours dans des formes subtiles. C'est gras, expéditif, acrobatique et, disons-le, inventif. Pour certains protagonistes, il n'y a ni lieu ni moment favoris : tout est bon, de la cabine d'essayage à la bibliothèque du Palais de justice en passant par les toilettes publiques, les banquettes de voiture et autres foutoirs improvisés. Et que je t'enfile, file, file... Précisons que Michel Embareck est un journaliste et un romancier, auteur de sept romans, alors que Laurent Léguevaque est un juge d'instruction (pas tendre avec la confrérie de la jugeote !). (NS)
Accusé, couchez-vous !
Du pain et des jeux
« Je trouve artificiel de faire venir des joueurs de l'étranger et de les baptiser équipe de France [ ...] ; la plupart des joueurs français ne savent pas ou ne veulent pas chanter La Marseillaise. » Cette citation de Jean-Marie Le Pen n'apparaît pas dans Y'a plus de sushis pour les Bleus, néanmoins elle résume on-ne-peut-mieux la problématique du livre de Bathelot. On se souviendra des démêlés du candidat du Front National avec le milieu de terrain-vedette du club français, Zinedine Zidane, au sujet des élections et des frontières culturelles, des origines étrangères de la plupart des joueurs de la formation championne du monde en 1998. Pour mémoire, rappelons simplement que Zidane est né en France d'une famille originaire d'Algérie (Kabylie). Francis Boildieu et Le Che, respectivement reporter et photographe pour l'agence de presse Zelda, rencontrent Léon Dévernioles lors du Championnat de France de tir aux armes anciennes. Léon a des visions, qui sont en fait des prédictions footballistiques. L'ennui, c'est que les visions de Léon deviennent sanguinolentes et Boildieu et Le Che, aidé de Morgane (une jolie journaliste marseillaise), vont aider Léon à interpréter ses transes... La première transe concerne un joueur de France-Espoir (âgé de moins de 18 ans), Abdou Kimoré (en qui il faut reconnaître Djibrile Cisse ?), qui doit jouer un gros match préparatoire avec les plus jeunes s'il veut rejoindre la grande sélection nationale. Apparemment, un groupe terroriste (l'OAS) au dessein meurtrier veut éliminer ces joueurs venus d'ailleurs qui forment cette équipe française : « Alors, si tu veux savoir ce que ça me fait d'aller casser du Nègre à Clairefontaine, je vais te le dire. Ça me fait salement plaisir, d'aller exploser cette saloperie d'équipe polluée par tous les métèques de la terre! » (p. 127) L'organisation terroriste va s'en prendre au grand club, lors d'un match préparatoire à Clairefontaine. Là, ce sont Zian Zitouni (Zinedine Zidane?) et Malek Bénaoui (Claude Makelele?) qui sont visés. L'amateur de football en moi attendait beaucoup de ce livre sur les Bleus : historique des sélections françaises, rappel de la récente victoire de 1998, les deux têtes de Zizou en grande finale, le but en or dramatique de Trezeguet en finale de l'Euro 2000, la préparation à la coupe du monde 2002, les effectifs, les entraînements, les joueurs... mais non ! Rien ! Quelques mots ça et là : l'histoire du 1000e but de Pelé (Quel rapport avec les Bleus ?), Barthez qui ne jouera pas le match préparatoire contre la Roumanie (véridique). Et puis après ? dirait l'autre. Peu de chose sur les Bleus donc, mais un foutu bon thriller ! C'est plutôt l'appartenance à la collection Footpolar que l'on doit questionner ici, car côté suspense, il s'agit certes du plus nourri de la jeune collection. La confrontation de tir pois de la fin est décevante toutefois, car l'auteur nous avait préparés pour un assaut final qui, malheureusement, avorte.
Jean-Paul Delfino nous fait partager la passion qu'il a pour l'Olympique de Marseille. C'est autour de l'histoire du club et celle du stade Vélodrome qu'il a bâti son intrigue, qui renoue avec la manière des deux premiers titres de la série (voir recensions dans le supplément Internet d'Alibis 5), où le club de football vedette devient carrément un personnage du livre. Ici, Marseille respire, avec la présentation de ses bas quartiers, poumons parfois cancéreux mais travailleurs infatigables de la ville. Une belle réussite et un but en or, pour le directeur de collection.
Comme un lyon en cage respecte bien l'esprit de la collection Footpolar. Ici, l'auteur mise davantage sur le mystère que le suspense, ce qui n'est pas une faiblesse puisque ce cinquième titre tient bien la route. Signalons en passant que la préface est de Paul Bocuse, grand chef cuisinier dont le restaurant a reçu le titre de 1er restaurant du monde, ce qui n'est pas rien. (FBT)
Y'a plus de sushis pour les Bleus
Droit aux brutes
Comme un lyon en cage
Jack l'Éventreur, Bram Stoker et la série Z
Dans un roman qui se veut en partie historique, transformer des faits connus relève de l'hérésie et fait décrocher le lecteur. Henry Irving, le patron de Bram Stoker, n'a jamais interprété le rôle de Jekyll/Hyde. Il est vrai que la pièce était jouée à Londres pendant la série de meurtres et que l'acteur américain qui incarnait le rôle avait été soupçonné. Mais il ne s'agissait pas d'Irving... Quant à nous faire croire (très peu subtilement) que c'est Vlad Tepes, alias Dracula, qui aurait commis les crimes, voilà qui n'est guère original. On se souviendra de ce que Kim Newman avait fait dans Anno Dracula avec un tel sujet. Ici, tout tombe à plat, ça manque de rythme, de nerf. On sent que Randisi veut nous en mettre plein la vue, mais il ne suffit pas de faire intervenir Conan Doyle pour que tout ça décolle et devienne passionnant. Bref, Curtains of Blood est un autre exemple de l'exploitation commerciale bas de gamme du mythe de Jack l'Éventreur. (NS)
Curtains of Blood
Mais où est passée Rita ?
Mary Blake, l'héroïne de À la recherche de Rita Kemper, passe ainsi une partie de son temps à noyer ses problèmes et à s'engourdir le corps et l'âme avec diverses cochonneries dont elle a la recette. Mais, et c'est là où je voulais en venir, il faut parfois surmonter ses préjugés, explorer des terres étrangères, s'aventurer en terra incognita même vomitive, pour faire de bonnes découvertes. Et ce roman en est toute une... Le départ est assez raide : Rita Kemper, rock star du groupe The Ruiner, termine son dernier spectacle en s'égorgeant sur scène. Dans la confusion qui suit, un musicien disparaît ainsi que le cadavre de Rita (que la police soupçonne d'avoir simulé sa mort, d'être toujours vivante !). Quelques jours après, on découvre trente-neuf cadavres décapités dans les jardins de la propriété de la Kemper, dont les disques sont interdits de vente, de possession et d'écoute par un État à la Big Brother (nous sommes en 2009). Quand son mari, journaliste et ami de Rita, disparaît dans des circonstances tragiques, Mary Blake décide de mener sa propre enquête sur tous ces événements alors que les cadavres continuent de s'accumuler. À la recherche de Rita Kemper est un roman très noir qui nous entraîne dans l'univers déjanté des groupes de rock gothico-punks et de leurs fans. Et, oh surprise, c'est aussi un roman gothique, voire fantastique, chose que l'on n'avait plus l'habitude de voir dans la Série Noire. Mais je n'en dirai pas plus, même si on me bourre de drogues dures ! Il s'agit du premier roman de Luna Satie. Si les suivants sont du même calibre, je suis preneur. (NS) À la recherche de Rita Kemper
Série noire... et eau-de-rose !
Jonah Blackhawk n'aime pas les policiers... sauf un, Boyd Fletcher, à qui il doit d'être ce qu'il est aujourd'hui : un homme honnête et libre. C'est Boyd qui a ramené Jonah dans le droit chemin à plusieurs reprises dans l'adolescence. Pas facile de naître dans un milieu défavorisé, et si facile de plonger dans le crime... C'est pour cette raison que Jonah doit tout à Boyd et qu'il administre aujourd'hui plusieurs resto-bars de Denver. C'est d'ailleurs dans ces mêmes bars que se retrouvent les victimes de tout un réseau de vol de voiture et d'objets précieux soutirés à même les résidences. Et quand Boyd Fletcher, aujourd'hui chef de police, demande à Jonah la permission d'infiltrer un de ses commerces afin d'y démasquer ce réseau de voleurs bien organisé, ce dernier ne le trouve pas drôle. Jamais Jonah ne pourra passer par-dessus sa haine des policiers au point de les recevoir sous son toit. Toutefois, son dédain pour le corps policier s'amoindrit lorsqu'apparaît devant lui le corps de la policière qui va prendre place dans son établissement. Ironiquement, cette dernière est la fille de Boyd Fletcher. La jeune Ally a grandi et a suivi les traces de son père. Jonah accepte la présence de la jeune policière. Les deux êtres, qui se détestent dès le départ, tombent pourtant vite dans les bras l'un de l'autre. Mais pour Ally, cette liaison est vouée à l'échec : Jonah n'aime pas les flics. Pour Jonah, Ally est la fille de Boyd, et jamais il ne voudra déplaire à celui-ci. Qu'arrivera-t-il ? Ally repartirat-elle seule chez elle après la fin de son enquête ? Vous connaissez probablement la réponse. Outre le prétexte de mener une enquête où l'intrigue est déjà mince, ce roman présente toutes les caractéristiques des romans à l'eau de rose d'Harlequin, si je me réfère à Julia Bettinotti, la spécialiste du genre. D'ailleurs, l'auteur est connu depuis longtemps dans la collection pour ce genre de texte et ce n'est pas nouveau de retrouver des polars à l'eau de rose, disons-le, dans la grande cour du roman Harlequin. Si généralement les héroïnes de la collection sont brunes ou rousses, ici Allison est blonde, jeune et ne pratique pas les métiers traditionnels des protagonistes féminins qui sont généralement des secrétaires ou des gouvernantes. Jonah, lui, n'est pas viril, mais totalement viril, pour reprendre les termes exacts de la théoricienne. Pas de surprise non plus du côté du scénario de base du roman Harlequin, dans lequel on retrouve cinq stades bien précis : la rencontre, la confrontation polémique, la séduction, la révélation de l'amour et le mariage. Oups ! je viens de vous vendre la mèche... (FBT)
Un piège dans la ville
Tombée de rideau au Soleil levant
Deuxième roman de Charles Haquet, Crime au Kabuki est aussi le second volet d'une série mettant en vedette le Samouraï Tosode, un être sur le déclin. En effet, après les abolitions féodales de 1868, les samouraïs perdent presque tous leurs privilèges, dont celui de porter le sabre. Plusieurs d'entre eux se donnent traditionnellement la mort par seppuku. C'est dans ce contexte que l'on rencontre Tosode, samouraï déchu qui erre dans Tokyo. Le roman est de bonne facture : c'est bien écrit, l'intrigue est bien menée et, curieusement, ça se lit bien pour un roman qui présente une culture que l'on connaît peu, mais qui montre un vocabulaire et des noms de personnages évocateurs. L'avant-propos sert aussi le texte et ces précisions historiques sont une mise en place importante qui aide à la compréhension de l'œuvre. Le lexique, placé à la fin du livre, trouve parfois son utilité, quoique des renvois en bas de page auraient réduit considérablement les interruptions de lecture – le va-et-vient vers la fin du volume devient à ce point lassant qu'on finit par se foutre un peu de toutes ces définitions. Mais finalement, on a le goût d'en apprendre plus et de courir chez le libraire chercher le premier livre des aventures de Tosode. Si vous aimez l'orient dans une facture historique... (FBT)
Crime au Kabuki
N'est pas orfèvre qui veut...
Prix du Quai des orfèvres 2003, Le Bandit n'était pas manchot, de Jérôme Jarrige, est un honnête roman policier, sans plus, car il faut bien avouer que la structure narrative manque quelque peu d'équilibre et que la résolution de l'énigme donne place à un final plutôt décevant. Mais l'éditeur nous le dit en quatrième : le commissaire est « humain, attachant et particulièrement efficace ». Ce qui est on ne peut plus vrai – un honnête polar, vous dis-je ! Fondé en 1946 par Jacques Catineau et attribué sur manuscrit, le prix du Quai des orfèvres couronne un roman policier inédit présenté par un écrivain de langue française. Bravo donc à Jérôme Jarrige. (JP)
Le Bandit n'était pas manchot
Hammett dans votre bibliothèque...
C'est le cas d'un bel album intitulé Album de famille Dashiell Hammett (Jo Hammett), sorte de carnet illustré, écrit par la fille cadette de Dashiell Hammett. Elle a compilé des notes, des souvenirs, des anecdotes, à travers lesquelles elle nous raconte, dans les grandes lignes, la vie de son illustre père, l'un des fondateurs du roman noir, du style « hardboiled » et dont la vie fut assez mouvementée. Talenteux, mais instable, père aimant, mais mari infidèle, alcoolique et tuberculeux, Hammett a connu sa part de problèmes et de succès. Emprisonné lors de la chasse aux sorcières, dans les années 50, en pleine guerre froide, il ne s'en est jamais vraiment remis. Ce livre est avant tout un album photo qui nous permet de mettre un visage sur l'entourage de Hammett, notamment cette redoutable Lillian Hellman avec qui il partagea une grande partie de sa vie. Les reproductions sont bien faites, sur du papier glacé, ce qui ne gâche rien. Tout ça donne un très bel objet, attrayant et instructif à la fois. (NS)
Album de famille Dashiell Hammett
Revue Alibis - Mise à jour: Mars 2003 - Avis |