Critique: Patricia MacDonald, Message sans réponse


 Couverture

Paris, Albin Michel, 2016, 307 p.

Mieux vaut tard que jamais

 

Vient de paraître, aux éditions Albin Michel, le livre Message sans réponse, le tout nouveau titre de la prolifique Patricia MacDonald, considérée par plusieurs comme la reine du thriller psychologique. Fidèle à son habitude, l’auteure nous présente un roman intrigant et finement tordu, avec des personnages plus vrais que nature.

Il y a quelques années, la mère d’Eden, Tara, a tout abandonné par amour. Elle a quitté sa petite fille, son mari, sa maison pour suivre un homme de treize ans plus jeune qu’elle. Depuis, elle a refait sa vie avec lui, ils ont eu un enfant, Jérémy, atteint d’une maladie génétique rare et mortelle. Eden a vieilli, elle est maintenant adulte et travaille comme éditrice, mais elle en veut toujours autant à sa mère d’avoir bouleversé son existence pour suivre sa passion. Un soir, Tara envoie un message à Eden lui demandant de l’appeler. Eden répond de façon désinvolte qu’elle ne peut pas, elle regarde un match à la télé… Le lendemain, Eden apprend que sa mère a tué son fils et s’est aussi enlevé la vie.

Rongée par la culpabilité, tant de ne pas avoir appelé sa mère que de l’avoir boudée toutes ces années, Eden voit son existence basculer. Il est trop tard pour se racheter, mais elle ne peut supporter la soudaine disparition de sa mère ni croire à la culpabilité de celle-ci. Le mari de Tara, Flynn, qu’elle a du mal à supporter, tente étrangement de tisser des liens avec Eden. Quelques éléments du suicide et du meurtre semblent ne pas concorder avec la personnalité de la Tara qu’elle a connue. Les gens qu’elle rencontre dressent des portraits bien différents de Flynn et de Tara. Bref, beaucoup de questions se posent pour lesquelles elle ne dispose d’aucune réponse, et elle tente de mener sa propre enquête de son côté, puisque la police ne doute pas un instant de la culpabilité de Tara, qui a même laissé une lettre sur ses intentions.

Patricia MacDonald l’a prouvé à maintes reprises, et elle le fait encore ici : elle sait raconter une histoire ! On est en pleine analyse psychologique, les personnages sont bien définis, on explore leur caractère, leur passé, leurs motifs. L’auteure nous réserve quelques bons retournements, même si certains fils semblent un peu gros, en particulier vers la fin. Message sans réponse n’est pas mon préféré dans les romans de Patricia MacDonald que j’ai lus, mais il n’en constitue pas moins une lecture très agréable.

 

Martine Latulippe