Critique: Cocco et Magella, Mort à Milano Centrale


 Couverture

Paris, Calmann-Lévy, 2016, 305 p.

Un café à Milan ?

En général, j’aime bien le polar italien. Ça doit venir du goût des gelati, du soleil et des terrasses. Ça, et le fait qu’il s’agit souvent d’un polar engagé socialement, même si cela se fait de façon subtile, derrière la description d’un plat de pâtes.

J’étais donc plutôt tentée de lire Mort à Milano centrale lorsqu’il m’est passé dans les mains. Et puis peut-être aussi parce que je trouvais le nom des écrivains curieux : Cocco & Magella. Il s’agit en fait d’un duo, lui, auteur et elle, médecin légiste. Quoi d’autre que du polar alors ?

Ils ont créé le personnage du commissaire Stefania Valenti, mère monoparentale, en couple avec Luca, bien plus jeune qu’elle, et flic ayant tendance à ne pas lâcher le morceau une fois qu’elle a croqué dans une affaire.

Cette fois-ci, tout commence par une histoire banale en apparence, un accident de voiture, un homme dans le coma. Stefania se demande pourquoi on l’a fait venir jusqu’à ce qu’elle découvre que des témoins ont entendu des coups de feu, que la deuxième voiture impliquée s’est enfuie et que les papiers de la victime sont faux. À partir de là, les questions déboulent : qui était-il ? Que voulaient voler les hommes qui l’ont attaqué ?

En parallèle, les auteurs nous ramènent à Milan en 1992. Un double meurtre fait frémir toute la ville. Quel rapport entre les deux affaires ?

Comment parler d’Italie sans parler de corruption, de magouilles et de mafia ? Et c’est bien sûr ce qui va rattraper Stefania au fur et à mesure de son enquête, car il y a des secrets qu’on préférerait voir rester enfouis, surtout en Italie. Milan a l’air plus propre en apparence, mais ceux qui dirigent sont plus ou moins les mêmes, et ils comptent bien garder le pouvoir.

Comment faire quand on est flic et qu’on voudrait bien mener son enquête jusqu’au bout ? C’est cette question que devra aussi résoudre notre commissaire comme d’autres policiers italiens de papier avant elle.

Je me suis parfois un peu perdue dans les retours dans le passé et dans les nombreux personnages, mais l’intrigue est prenante et on se surprend à rêver de justice et d’un monde où les politiques tomberaient aussi, même s’il s’agit souvent d’une utopie. Mort à Milano Centrale reste un polar somme toute classique, on s’intéresse à la vie personnelle de l’héroïne, ses rapports avec sa fille, son copain, ses états d’âme ; tout en suivant une critique plus grande d’un système en place qui brise les plus petits pour laisser survivre les plus gros. Une bonne lecture, sans toutefois le coup de foudre que j’aurai aimé avoir.

Morgane Marvier