Camera Oscura 20

Camera oscura 20

Christian Sauvé, avec la collaboration spéciale de Daniel Sernine

Exclusif au volet en ligne (Adobe Acrobat, 1 203Ko) d’Alibis 20, Automne 2006

Refrain familier après des années d’expérience : l’été, le blockbuster hollywoodien prend toute la place, envoyant les films respectables se réfugier sous le ciel plus clément de l’automne. Profiter du cinéma à suspense durant la période estivale n’est pas impossible, mais il faut adapter ses attentes, espérer des anomalies et se réfugier au vidéoclub pour rattraper ce que l’on a manqué le reste de l’année.

Le contenu de cette édition de Camera oscura est donc l’un des plus variés (et des plus costauds !) que nous ayons offert : film québécois bilingue, nanars d’action, films de réalisateurs reconnus, documentaires, comédie meurtrière, œuvres étrangères et films indépendants se bousculent à notre table des matières. Les vacances estivales ? Pas pour vos chroniqueurs !

Parlez-vous buddy movie ?

L’idée est tellement évidente qu’il y a lieu de se demander pourquoi il a fallu attendre jusqu’en 2006 avant d’en voir la réalisation : un thriller policier canadien tourné « en langue naturelle ». Un buddy movie bilingue, quoi. Ajoutez des acteurs bien connus comme têtes d’affiche, des comédiens dans des rôles de soutien, une intrigue tournoyant autour du monde du hockey, et vous obtenez un produit prometteur : Bon Cop, Bad Cop. Pur génie.

Ça aurait pu très mal tourner. Mais le résultat final est à la hauteur des attentes créées par les prémices, en grande partie grâce aux trois vedettes du projet : le réalisateur Éric Canuel, revenant au thriller après Le Dernier Tunnel ; Patrick Huard, jouant un policier québécois décontracté ; et Colm Feore, incarnant un policier ontarien initialement plus straight que la réputation de Toronto. C’est grâce à Canuel que l’action bouge aussi rapidement, mais ce sont les réparties entre Huard et Feore qui font qu’on a un tel plaisir à regarder ce film. Policiers typiquement mal agencés, ils sont obligés d’unir leurs forces à la suite d’un meurtre commis à la frontière Ontario/Québec.

Ceux qui sont familiers avec les conventions du buddy movie seront tout à fait amusés par la manière dont Bon Cop, Bad Cop vogue allègrement d’une situation convenue à une autre, utilisant l’intrigue habituelle de ce type de film pour cabotiner et explorer la relation entre ses deux protagonistes policiers. De nombreuses blagues spécifiquement canadiennes (« Tu ne peux pas le laisser dans le coffre ! » « Why not ? It’s a Québec tradition. »), de nombreux clins d’œil au monde du hockey et des rôles secondaires remarquables pour Louis-José Houde (comme coronaire enthousiaste) et Rick Mercer (satirisant Don Cherry) ne font qu’accroître l’intérêt du film.

Ce n’est pas un secret : le cinéma québécois est généralement plus près de son public que le cinéma canadien-anglais. Avec Bon Cop, Bad Cop, on voit ici la recette populiste québécoise appliquée à un produit destiné au reste du pays. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat en a surpris plus d’un (lettre publiée dans le Toronto Star : « It’s about time that Canada made a mainstream, mass appeal movie like Bon Cop, Bad Cop. »). Le film reste certainement consacré à son public du début à la fin, n’hésitant jamais à exploiter un cliché ou un stéréotype facile. Le résultat est parfois un peu trop évident (L’Ontarien sérieux ? Original…), trop ridicule (« Buttman » ? « Arbusto » ?), trop flamboyant (la bataille sur les ondes) mais jamais moins qu’amusant. Seule la finale abrupte, privée d’un épilogue qui aurait permis de boucler certaines idées, montre les limites du budget du film et trahit un peu la bonne volonté du spectateur.

On ignorera volontairement les aspects les plus problématiques du scénario, qui tient à peine la route lorsque vient le moment de s’intéresser aux aspects procéduraux ou bien à la vraisemblance de l’intrigue. Le plaisir du film n’est pas là, mais bien dans les scènes individuelles, les dialogues volant d’une langue à l’autre, ou le plaisir indéniable d’un film fait sur mesure pour un public canadien. Les bilingues bien versés dans les deux cultures seront particulièrement choyés par un réalisme linguistique quasi parfait. Vu dès sa sortie au centre-ville d’Ottawa, Bon Cop, Bad Cop a récolté des tonnerres de rire d’une foule qui semblait profiter du film sans l’aide des sous-titres.

Heureusement, Bon Cop, Bad Cop semble avoir trouvé sa cible, demeurant au sommet du box-office québécois pendant cinq semaines. Si le public canadien-anglais a été un peu plus réservé, le film est quand même demeuré au Top-10 canadien pendant quelques semaines (déjà une rareté, si l’on se fie à l’exemple d’autres œuvres « domestiques » telles Foolproof et Men With Brooms) et a récolté sa part de bonnes critiques. Il y aura donc une suite, et peut-être même deviendra-t-il un exemple à suivre pour le cinéma canadien.

Le spectateur a toujours raison

Un des aspects les plus particuliers de Camera Oscura est le besoin d’accommoder une grande diversité d’intérêts lorsque vient le moment de parler de cinéma à suspense. Le cinéma noir, ce n’est pas que l’astuce méticuleuse de Rear Window, la fresque historique de L.A. Confidential ou les méditations criminelles de The Godfather : c’est aussi le film d’action de série B, le film d’arts martiaux ou le film d’horreur dégoulinant. Si des spectateurs trouvent leurs frissons dans des films moins « respectables », qui sommes-nous pour les ignorer ?

Ce qui explique pourquoi Camera Oscura s’intéresse parfois à des films tels Banlieue 13 ou bien The Protector, des films d’action étrangers aux intrigues qui seraient inacceptables sous forme écrite. Le cinéma ne fonctionne pas de la même façon que la littérature, et les différences entre la grammaire cinématographique et les valeurs narratives de la prose sont rarement aussi bien illustrées que par le cinéma d’action.

Banlieue 13 [District B13], par exemple, peut se réduire à une démonstration légèrement romancée de l’art du parkour, cette discipline sportive permettant de se déplacer avec élégance dans des environnements urbains. Les adeptes du parkour, à commencer par David Belle (qui partage la vedette du film avec Cyril Raffaelli), sautent de toiture en toiture, naviguent à travers les fenêtres, bondissent sur les murs et dévalent les escaliers à une allure démente. Le scénario, coécrit par Luc Besson, est à la fois ridicule et prévisible (surtout lorsque les préjugés anti-autoritaires de Besson reviennent à l’avant-plan), mais c’est l’énergie du film qui charme d’un bout à l’autre. Belle et Raffaelli font un duo du tonnerre, et les scènes d’action sont à couper le souffle. Le cinéma d’action français est promis à un bel avenir s’il peut prendre des leçons de Banlieue 13… surtout s’il s’agit de laisser Besson loin du scénario. Mieux encore, le film n’est pas que du bonbon : son propos social a de quoi faire réfléchir au sujet des anxiétés françaises devant les banlieues hors contrôle.

Mais il n’y a pas de tels sous-entendus sociaux dans The Protector [L’Honneur du Dragon], un film d’arts martiaux qui préfère suivre un adepte du Muay Thai alors qu’il cherche à venger l’assassinat de son père. Intrigue conventionnelle, mais encore là il faut reconnaître que le scénario n’est qu’un fil conducteur entre les séquences d’action. Et les férus seront comblés : non seulement The Protector constitue une nette amélioration par rapport à son prédécesseur Ong Bak sur pratiquement tous les plans, c’est également un film qui laisse à Tony Jaa tout le loisir de démontrer ses prouesses physiques. Certains comparent déjà Jaa à Jackie Chan, Jet Li ou même Bruce Lee, ce qui n’est pas tout à fait exact… mais la comparaison donne une bonne idée du registre dans lequel Jaa évolue. La séquence la plus mémorable du film est un long plan continu de quatre minutes (!) durant lequel Jaa triomphe d’une multitude d’ennemis alors qu’il grimpe au sommet d’un long escalier en spirale : une séquence tout à fait ahurissante qui montre bien la différence entre l’audace parfois démente des films d’action asiatiques comparé au poli technique des œuvres américaines. Le reste du film comporte sa part de moments forts, en autant que l’on est un fana d’arts martiaux. The Protector ne s’adresse pas à tous, mais il plaira énormément à ceux qui sont prédisposés à apprécier ce genre de choses.

La même rengaine s’applique également à Crank [Crinqué], une œuvre qui est au film d’action ce que la série Saw est à l’horreur : des prémices astucieuses, une réalisation nerveuse, un acteur capable de retenir l’attention… mais un impact qui s’estompe dès le générique de la fin, et une vague impression d’avoir été floué. Mais ça, c’est après le film, parce qu’il est pratiquement impossible de penser pendant que le tout se déroule devant nos yeux. Les premières minutes donnent le ton avec un point de départ à mi-chemin entre D.O.A. et Speed : un assassin professionnel découvre qu’il a été empoisonné, et que la seule manière de retarder le poison est de maintenir son adrénaline à des niveaux dangereux. S’il ralentit, il meurt.

Si vous pensez voir là une métaphore des films d’action, vous avez raison. Crank a au moins le mérite de rendre littéral un principe fondamental du cinéma de série B : si le spectateur cesse de porter attention, le film échoue. Ici, le duo Neveldine/ Taylor multiplie les astuces pour entretenir l’action et, pendant un moment, le tout fonctionne bien : la multiplicité de techniques cinématographiques employées pour crinquer le film rappellera des œuvres aussi frénétiques que Domino et Running Scared. Ce rythme rapide et spectaculaire parvient même à masquer le fait que c’est loin d’être le meilleur traitement qu’on aurait pu faire de ces éléments : le film est vide, parfois maladroit et pourvu de nombreux moments répugnants. Mais, comme lors de la lecture d’une bande dessinée particulièrement bien réalisée, on se laisse emporter sans grands scrupules. Ça reste pour les connaisseurs, surtout.

[couverture]Chose certaine, Crank n’est pas le seul film du trimestre à s’adresser carrément à un public vendu d’avance. Le troisième volet de la série The Fast and the Furious, Tokyo Drift [Rapides et dangereux : Tokyo Drift] ne s’embarrasse pas de subtilités ni même de cohérence pour fournir une injection d’adrénaline aux fans des deux premiers films. En quelques minutes, notre vaillant protagoniste américain est dépêché à Tokyo où il aura tôt fait de sombrer dans l’univers interlope de la course automobile locale, spécialisation drifting. Heureusement pour les spectateurs (surtout mâles) de la série, ces courses underground ont l’air d’une convention d’anime avec des automobiles bariolées et des filles spectaculairement vêtues.

Il y a une intrigue criminelle au sujet des Yakusa, mais encore là, il faut revenir aux éléments essentiels du film : les automobiles. C’est là que Tokyo Drift reste particulièrement efficace, offrant des scènes de conduite impressionnantes, quelques courses mémorables, plusieurs moments fort jolis (dont une démonstration romantique du drifting) et toute l’expérience qui a assuré le succès de The Fast and the Furious jusqu’ici. Dans son ensemble, Tokyo Drift est même plus réussi que le deuxième volet de la série. Ceci dit, le public du film s’identifiera à la simple vue de la bande-annonce : l’assistance plus générale n’y trouvera rien de particulièrement saisissant.

C’est un processus similaire d’identification qui déterminera si vous verrez éventuellement Snakes on a Plane [Serpents à bord], un thriller pleinement décrit par son titre. Tenez-vous vraiment à un résumé de l’intrigue ? Il y a des serpents. Il y a un avion. Il y a des serpents dans un avion. Que demander de plus ?

Grâce à son titre, le film est devenu un gag Internet longtemps avant sa sortie. Mais les connaisseurs en thrillers étaient en droit de s’attendre à quelque chose d’intéressant en sachant que Samuel L. Jackson figure en tête d’affiche, et que le réalisateur David Ellis (à qui on doit le petit bijou Cellular) est aux commandes du film. Combiner deux terreurs en une seule situation a un certain piquant, mais le film n’oublie pas que c’est avant tout un nanar délibéré : les péripéties ridicules s’enchaînent, et le réalisateur prend un malin plaisir à attaquer ses acteurs avec des serpents aux crocs visant des parties anatomiques particulières. Comme dans tous les films du type, une partie du plaisir est de voir quels passagers survivront aux péripéties. Ceci étant un thriller aérien, il va sans dire que les pilotes ne survivront pas au voyage… et que quelqu’un s’improvisera pilote de fortune.

Bref, ce n’est pas du grand art, mais c’est du divertissement continu. Étant donné les attentes provoquées par le titre, c’est un réconfort de pouvoir dire que le résultat est un thriller acceptable, bien ficelé malgré quelques problèmes ici et là. Imaginez un film de série B intitulé Snakes On A Plane, et rassurez-vous en vous disant que le film est exactement ce que vous avez imaginé. Jusqu’à un certain point, il est impossible de livrer une meilleure critique.

Réalisateurs et réalisations

Outre les titres s’adressant au public habituel des films d’action, l’été 2006 a quand même vu le retour au grand écran de deux réalisateurs reconnus pour leur travail en cinéma à suspense : Michael Mann avec Miami Vice et Oliver Stone avec World Trade Center [vf]. Si Mann semble avoir calqué Miami Vice sur Collateral, World Trade Center est quelque chose d’assez inusité pour Stone. Malheureusement, c’est aussi un des films les moins intéressants de sa carrière.

Il faut se souvenir que, même quinze ans plus tard, la réputation vaguement sinistre d’Oliver Stone pour une bonne partie de la population américaine est toujours associée au film JFK. Des œuvres comme Nixon n’ont rien fait pour rehausser son image : au mieux, on l’accuse d’être révisionniste ; au pire, c’est un crackpot féru de théories de conspiration. À l’annonce de sa participation au projet World Trade Center, plusieurs cinéphiles américains ont sauté aux conclusions pour affirmer que Stone allait sans doute livrer un ramassis de controverses.

Mais le résultat final est tout autre, et on se surprend à espérer mieux. Regard sur les événements du 11 septembre 2001 selon le point de vue de deux hommes coincés sous les décombres d’une des deux tours effondrées, World Trade Center, inspiré de faits réels, passe d’une première demi-heure puissante à un téléfilm de la semaine.

Le problème ne se trouve pas dans le premier acte. Stone est particulièrement habile à dresser le portrait d’une journée ordinaire basculant dans l’horreur. Les efforts des secours précédant l’effondrement des tours sont empreints d’une bonne tension, et la recréation historique est d’une fidélité exemplaire. L’effondrement des tours est réalisé à la manière d’un cauchemar soudain, point culminant d’une atmosphère oppressive qui domine toute la première section du film.

Mais cette tension a vite fait de se relâcher, puis de disparaître pendant le reste de World Trade Center. Une fois nos protagonistes sous les décombres, la structure du film n’est pas très différente de ce que l’on pourrait attendre d’une intrigue décrivant un groupe de mineurs dans une mine effondrée, ou des victimes d’un tremblement de terre. Un conseil avant de voir le film : assurez-vous de tolérer les gros plans de Nicolas Cage avec une moustache, parce qu’il y a peu d’autres choses à se mettre sous la dent. Les secours étant inévitables, la seule tension du film est de savoir combien de temps le supplice durera… pour le spectateur.

Pire encore : le film évite intentionnellement toute controverse, se réfugiant avec fanfare dans les platitudes habituelles au sujet de la famille, l’Église, le devoir et l’esprit d’entraide des cols bleus américains. Le mot « terroriste » est à peine prononcé, et les apparitions de Bush à l’écran, par du matériel d’archives, semblent choisies pour éviter toute réaction. Au visionnement de ce film, gauche et droite américaines seront unies dans un même ennui.

D’où l’ironie principale de World Trade Center, le film le plus inoffensif de la carrière d’Oliver Stone : un simple téléfilm fait sur mesure pour l’Amérique profonde, comme si – cinq ans plus tard – il fallait toujours aborder le sujet avec des pincettes. L’argument « Il est trop tôt pour en parler honnêtement » n’est plus particulièrement crédible depuis la sortie récente d’United 93, un film beaucoup plus réussi qui n’a pas eu peur de confronter l’événement avec une franche audace. Peut-être qu’Oliver Stone retournera éventuellement au 11 septembre 2001 avec un peu plus de verve. En attendant, on doit se contenter d’une œuvre bien ordinaire.

Miami Vice : dans le (Néo-)Noir

La critique a été plutôt mitigée pour cette impressionnante production, qui est fidèle à la série télévisée sans pour autant nous ramener vingt ans en arrière. Je crois néanmoins que les deux principaux reproches ne tiennent pas pour un spectateur qui avait suivi la série culte. Pour lui (pour moi, du moins), le fait que les personnages ne soient pas présentés (leurs antécédents, etc.) n’est guère pertinent puisqu’on connaît leur histoire, leurs origines. Elles collent aux noms de Sonny Crockett et de Ricardo Tubbs, même si Colin Farrell et Jamie Foxx ont assumé les rôles. Quant au reproche d’une intrigue compliquée et confuse, eh bien, pour ma part je l’ai suivie sans trop de mal – c’est certain qu’elle requiert une attention soutenue.

Pour repérer une taupe qui a causé la mort de quelques agents du FBI lors d’un traquenard, Crockett et Tubbs acceptent d’infiltrer l’organisation d’un trafiquant colombien basé à Haïti, Arcángel Montoya. Se faisant passer pour des contrebandiers, ils gagneront difficilement sa confiance à titre de transporteurs, mais lorsque Crockett s’entichera de la banquière/ compagne du narcotrafiquant, la Sino-Cubaine Isabella (avec des intentions pas claires, j’avoue que ceci aurait pu être creusé davantage), la corde raide de nos agents doubles deviendra encore plus précaire. En particulier lorsque les destinataires d’une cargaison modifieront les termes de la livraison en kidnappant Trudy, la conjointe de Tubbs, et quand le lieutenant de Montoya décidera de lui révéler qu’il est cocu.

Le film a été écrit et scénarisé par Michael Mann (Heat, The Insider) ; Mann était jadis le producteur exécutif de la série télé qui avait fait les beaux jours d’Armani, de Versace et de Rayban. On y retrouve le mélange d’action, de suspense, d’exotisme tropical et de moments « d’ambiance » qui constituaient la marque de Miami Vice [Deux flics à Miami]. Les poursuites, autre marque de commerce, n’impliquent jamais des véhicules d’occasion, c’est le moins qu’on puisse dire. Vous verrez entre autres un modèle d’avion dont probablement seuls les experts connaissaient l’existence.

Dans un registre taciturne qui avait tout pour me plaire, je suis pleinement satisfait du jeu de Jamie Foxx (vu dernièrement dans l’excellent Jarhead) et de Colin Farrell (vu récemment dans l’aussi laconique New World de Terrence Malick). On retrouve plusieurs des personnages secondaires, Trudy et Gina (sans leurs coiffures disco), Zito et Switek (sans leurs chemises hawaïennes), le lieutenant Castillo devenu un Noir plutôt qu’un Latino, mais il faut le générique pour nous confirmer leur identité. Et la coiffure de Colin Farrell est pas mal mieux réussie que dans Alexandre le Grand !

Coup de chapeau enthousiaste à la musique, interprétée par des artistes contemporains (dont Moby), y compris certaines chansons popularisées par l’émission des années 80, dont l’emblématique In the Air Tonight de Phil Collins. [Daniel Sernine]

Palette documentaire

Le cinéma populaire étant surtout un médium consacré à la fiction, il n’est peut-être pas surprenant d’être frustré devant notre manque de vocabulaire lorsque vient le moment de discuter de films d’inspiration réaliste. Si votre librairie contient de multiples sections autres que celles consacrées à la fiction, votre vidéoclub se contente sans doute d’une série de tablettes pour « documentaires ». Mais il existe plusieurs façons de documenter la réalité, et le regain d’intérêt récent pour les films basés sur des faits réels est peut-être en train de souligner le besoin de distinctions plus fines pour parler de ces choses.

Un passage récent au vidéoclub, par exemple, vous permettra de revenir à la maison avec Gunner Palace et Why We Fight, deux très bonnes œuvres classées dans une même catégorie malgré des approches fort différentes.

S’il y a un authentique documentaire dans ce duo, c’est bien Gunner Palace [voa], un film présentant les aventures de soldats américains stationnés en Irak entre 2003 et 2004. Pratiquement dépourvu de matériel contextuel, Gunner Palace est un amas d’images tournées sur place, d’entrevues avec d’humbles soldats, d’extraits musicaux, de regards candides sur l’après-victoire américaine et le début de l’insurrection irakienne. Le manque de fil conducteur narratif fait en sorte qu’il faut porter attention pour profiter du matériel que nous offrent les réalisateurs Petra Epperlein et Michael Tucker. L’effet final est celui d’un collage nous montrant la réalité de la vie des soldats stationnés là-bas (certains ne survivront pas au film.) Politiquement, cette absence délibérée d’interprétation fait en sorte que Gunner Palace est parfaitement balancé entre les préjugés de la droite et de la gauche, ce qui n’est pas une réussite mineure.

En revanche, le mot « documentaire » n’est pas tout à fait idéal pour décrire Why We Fight [Le Nerf de la guerre], un film qui (dans la tradition popularisée par Michael Moore) n’hésite pas à avancer une thèse et à aller chercher le matériel d’archives nécessaire pour appuyer ce point de vue. Ici, le réalisateur Eugene Jarecki tente de convaincre le public que les États-Unis sont contraints à l’action militaire pour valider leur « complexe militaro-industriel ». Mené à coup d’entrevues avec des gens ordinaires et des spécialistes en la matière, Why We Fight explore les liens entre la guerre, l’argent, le pouvoir politique et l’acquiescement parfois enthousiaste de la population américaine. Partiellement financé par la BBC et la CBC, Why We Fight s’adresse surtout à une assistance déjà convaincue de sa thèse principale : il est peu probable que quelqu’un change complètement d’avis en voyant ce film… surtout quand Jarecki s’emporte et dresse un portrait un peu trop cohérent des interventions militaires américaines depuis 1945, laissant derrière de désagréables relents de conspiration.

Mais il ne faut pas confondre Why We Fight avec un documentaire purement objectif. Malgré des entrevues avec des néo-conservateurs tel Richard Perle, le film ne fait aucun effort particulier pour promouvoir le côté droit de la médaille. Ceux qui ont bien apprécié Fahrenheit 9/11 et The Corporation trouveront ici amplement de bon matériel à se mettre sous la dent, au risque d’être plus conforté que documenté.

Ce qui nous ramène à notre interrogation d’origine : à quand la catégorie « Éditorial » dans les vidéoclubs ?

En attendant James Bond

Le prochain James Bond sera sur les grands écrans en novembre, avec un nouvel acteur dans le rôle-titre de la série : Daniel Craig, que les lecteurs de cette chronique auront peut-être remarqué dans son rôle de soutien dans Munich. Mais avec son accession au rôle iconique, c’est toute la filmographie de Craig qui est repassée au peigne fin par les Bondophiles. Un de ces films, Layer Cake [voa], s’avère d’un intérêt particulier.

Le cinéma criminel britannique se porte bien depuis la sortie de Lock, Stock and Two Smoking Barrels en 1999, et Layer Cake est un autre film dans cette lancée : réalisé par Matthew Vaughn, qui avait produit le premier film de Guy Ritchie, Layer Cake s’intéresse aussi au criminel anglais dans un style qui sort de l’ordinaire. Les premières minutes ne seraient pas déplacées dans un film de Martin Scorsese, alors qu’un trafiquant de drogue bien sérieux, interprété par Craig, nous explique les subtilités de son métier. Un amas de détails crédibles, des personnages intrigants et une cinématographie dynamique montrent le ton à la fois sardonique et impitoyable du film. Le reste s’enchaîne habilement, alors que le protagoniste tente de naviguer entre les écueils mortels de son métier à un moment où tout le monde semble lui en vouloir.

Mal distribué en salles, Layer Cake s’avère une bien belle découverte sur DVD. Ceux à la recherche d’un bon film criminel seront charmés par le résultat, et ce, jusqu’à la finale superbement ironique. Ceux qui doutaient de la présence de Craig comme Bond seront rassurés ; l’acteur prouve sa capacité à jouer un personnage à la fois dur et intelligent. Si plusieurs regrettent toujours le fait que Clive Owen ne jouera pas 007, Layer Cake suggère qu’il y aurait eu de pires choix que Daniel Craig.

Comment rire d’un tueur en série

Il n’y a, disons-le tout de suite, rien de drôle à propos d’un meurtrier en série. Et pourtant, c’est à ce défi que s’attaque Woody Allen avec Scoop, un film où une jeune étudiante en journalisme convaincue de tenir son premier scoop s’entiche d’un homme qui pourrait ou ne pourrait pas être le redoutable Tarot Killer. Image miroir de Match Point à plus d’un égard (les deux films se déroulent à Londres et mettent en vedette Scarlett Johansen), Scoop [voa] est une comédie avec quelques moments de noirceur, alors que le film précédent d’Allen était un thriller avec quelques moments comiques.

S’il ne s’agit pas d’un des grands films d’Allen ni d’un véritable mystère policier (le ton léger du film se permet même une longue incursion dans le réalisme magique), Scoop reste tout de même confortablement plus intéressant que l’essentiel des œuvres du réalisateur depuis 1990. Entre autres distinctions, Woody Allen y incarne un sympathique magicien verbomoteur, ce qui lui permet de ressusciter le personnage complexé qui l’a défini. Certaines des répliques sont fort drôles (« I was born into the Hebrew persuasion, but when I got older I converted to narcissism »), la première moitié du scénario est bien contrôlée et Allen réussit, contre toute attente, à bien balancer les éléments de son intrigue malgré un thème pas très drôle. Ceci dit, la finale du film dénote un peu de fiel, et certains éléments de l’intrigue restent incohérents. Mais bon : sans être essentiel, Scoop vous fera tout de même passer un bon moment… surtout si vous vous ennuyez du Woody Allen d’antan.

Brick

L’objet éponyme est une brique d’héroïne, enjeu d’une complexe histoire que tente de démêler Brendan, collégien qui est tout sauf un enfant d’école. Ce film de Rian Johnson, réalisateur et scénariste de trente-trois ans, est un hommage aux polars noirs de Dashiell Hammett, mis en scène sous les cieux vides et déprimants de la Californie du Sud, dans le contexte d’une high school, cette institution typiquement états-unienne où les étudiants ont entre quinze et vingt ans. Dans cette école (où l’on ne voit pas de profs et bien peu d’étudiants), Brendan Frye est un solitaire, mais décidément pas un loser. Appelé à l’aide par son ex-blonde Emily (Emilie de Ravin, la jeune femme enceinte dans la série Lost), Brendan comprend qu’elle est mêlée à une affaire périlleuse, qui la dépasse. En soixante heures, le jeune homme à lunettes enquête sur sa disparition, puis sur son meurtre (je ne trahis rien, le cadavre de la jeune fille est l’une des premières images du film). Avec l’aide de « Brain », un garçon aussi brillant que lui et qui semble avoir des oreilles dans toute l’école, Brendan remonte une filière de petits trafiquants. Cette piste le mène rapidement à « The Pin », un jeune adulte qui vit encore chez sa mère mais qui constitue la source principale de drogue pour l’école et pour (manifestement) une partie de la ville. Brendan ne veut pas mêler la police à l’enquête (il a même déplacé le cadavre d’Emily pour en retarder la découverte), aussi se comporte-t-il en tout point comme un détective privé de film noir, futé, laconique, n’hésitant pas à se bagarrer (après avoir soigneusement rangé ses lunettes) et ne se laissant pas intimider par les raclées qu’il reçoit. Plusieurs archétypes du genre sont au rendez-vous, dont la femme fatale, la ravissante mais équivoque Laura. Il s’agit d’une histoire exigeante, qui ménage des révélations jusqu’à la toute fin.

En dépit d’un certain humour dans les réparties et dans quelques situations, Brick [voa] est absolument un film noir malgré la quasi-omniprésence du soleil. Un lyrisme indéniable se dégage de certaines scènes et une véritable maîtrise du médium cinématographique transparaît ; la caméra est volontiers ingénieuse, voire inventive.

Joseph Gordon-Levitt joue un excellent Brendan (il avait aussi excellé l’an dernier dans Mysterious Skin – mais je me rends compte que je ne vous ai jamais parlé de ce film bouleversant). Avec sa haute silhouette voûtée en jeans et tee-shirt, ses mains constamment dans les poches comme s’il avait froid, Gordon-Levitt donne à croire que l’épithète « dégingandé » a été créé pour lui. The Pin, pied-bot de vingt-six ans toujours vêtu de noir, est interprété par Lukas Haas (qui a été fort actif – mais surtout à la télé – depuis son rôle du gamin Amish dans Witness).

Le défi le plus remarquable de Rian Johnson est de nous faire croire à cette intrigue entièrement adulte dans un monde d’ados où la plupart des personnages vivent encore chez leurs parents (tous invisibles, sauf une mère) à qui ils empruntent voitures et cellulaires, au besoin. Le seul adulte ayant un rôle signifiant est le vice-principal Trueman, pour qui Brendan avait une fois agi comme délateur (par amour pour Emily) et qui incarne l’autorité durant le bref intervalle précédant l’implication de la police.

Une mise en garde (j’ignore la qualité du doublage, mais je soupçonne que mon conseil vaut pour le français autant que l’anglais) : comme les dialogues sont souvent murmurés ou marmonnés, et comme l’écheveau de l’intrigue est bien serré, le recours aux sous-titres s’impose. [Daniel Sernine]

The Dying Gaul

À cinquante-cinq ans, Craig Lucas est mieux connu en tant qu’auteur (au théâtre) et que scénariste (il avait écrit le bouleversant Longtime Companions, 1990). Sa filmographie comme réalisateur est beaucoup plus courte, et c’est un peu dommage.

Ce film-ci, tiré d’une pièce de théâtre de Lucas, tourne autour d’un infortuné scénariste, Robert (Peter Sarsgaard), qui parvient enfin à vendre son premier scénario au prospère producteur Jeffrey Tishop (Campbell Scott). Le sujet dudit scénario est autobiographique, basé sur la vie et la mort récente de l’amant de Robert, victime du sida (cela se passe en 1995). À la demande du producteur, et alléché par un million de dollars, Robert trahit toutefois la mémoire de son amour en acceptant de modifier l’histoire pour que le couple tragique soit hétérosexuel. Qui plus est, il devient l’amant du producteur, lequel se révèle bisexuel. Bien que ne se doutant de rien, l’épouse Elaine Tishop (excellente Patricia Clarkson) ne reste guère passive dans son rôle de troisième point du triangle amoureux : par curiosité, faisant preuve d’une intuition remarquable, et en employant des subterfuges dont les motifs ne sont pas immédiatement clairs, elle entre dans un chat room homosexuel que fréquente Robert, puis le pousse à des confidences dont les conséquences seront tragiques.

Les amateurs de polars et de roman noir savent que bien des gens cachent un squelette dans leur placard, et que l’adultère mène au crime, ou à l’intention de crime…

Peter Sarsgaard, au jeu généralement retenu, a ici des moments étonnants ; son talent méconnu ne se dément jamais (je pense par exemple à ses rôles dans Kinsey, dans The Skeleton Key et, plus récemment, dans l’excellent Jarhead) ; il ne déçoit guère ici. D’ailleurs, il y a du bien à dire des trois acteurs principaux, dont les rôles passent tour à tour, subtilement, du statut de protagoniste à celui d’antagoniste. Résumons en disant que personne n’est pur dans cette affaire hollywoodienne, mais nul n’est vraiment malveillant non plus – sauf un, vers la fin. Dans le dernier tiers, on se rend compte qu’on a été mené, mine de rien, au cœur d’un suspense que le soleil californien et l’élégance de la demeure du producteur n’allègent guère.

Et ce titre, le Gaulois mourant ? C’est celui du scénario en question, et d’une sculpture romaine. Leur rapport avec l’intrigue est si mince que je laisserai au personnage de Sarsgaard le soin de l’expliquer (si brièvement) au début du film… La section « Images » de Google vous en proposera toutefois une myriade de versions. [Daniel Sernine]

Rhinoceros Eyes

[couverture]Ce petit film avait été présenté au Festival de Films de Toronto en septembre 2003 (où il avait remporté le Discovery Award), mais à Montréal il n’a été projeté (brièvement) qu’au printemps 2006. Il vient de paraître en DVD. Son réalisateur et scénariste, le Canadien Aaron Woodley (par ailleurs neveu de David Cronenbreg), avait une quinzaine de courts métrages d’animation à son actif (on nous en propose d’ailleurs un sur le DVD).

Chep (Michael Pitt) est un jeune reclus qui vit et travaille dans un immense magasin d’accessoires et de costumes. Son patron, Bundy, le considère comme un « idiot savant », mais le diagnostic pourrait en être un de schizophrénie légère… En tout cas, le taciturne Chep sort peu, et exclusivement pour voir un seul et même film (une romance des années 40 en noir et blanc). Sa vie est d’ailleurs celle d’un voyeur : une multitude de téléviseurs, les fenêtres des maisons lorsqu’il revient du cinéma la nuit, le salon de la résidence derrière le magasin, où un couple de vieillards, les Walnut, passe son temps à se quereller violemment…

La seule fois où le jeune homme se laisse persuader d’accompagner ses camarades de travail à un party d’Halloween, Chep porte un masque de Tor Johnson (le géant chauve et ahuri que connaissent les amateurs d’Ed Wood).

Lorsque Fran, la belle directrice artistique d’un tournage en cours, se présente au magasin pour demander quelque chose de très particulier (les yeux éponymes), Chep a le coup de foudre et lui promet la paire pour le lendemain – quitte à les voler sur le plateau du film porno qui les avait loués. La demande suivante sera plus difficile à satisfaire : une ancienne prothèse de bras en bois et en cuir – Fran ne jure que par l’authentique. Reprenant sa tête de (quasi-)monstre, Chet va voler le bras prosthétique de madame Walnut, ancienne danseuse et vieille folle (excellente Jackie Burroughs).

Pour Chep, les choses se gâteront bien avant que Fran demande un doigt coupé, car un policier (Gale Harold, vedette de la télésérie Queer as Folk) enquête sur les singuliers vols d’accessoires et l’invasion de domicile subie par les Walnut. Il en vient vite à soupçonner Chep. Lequel, entre-temps, voit de plus en plus souvent des créatures imaginaires, sortes d’automates ou mannequins composites, qui commentent ses désirs et ses actes (réalisés en stop-motion, ils incarnent sa « petite voix intérieure » et l’incitent à passer aux actes, y compris pour remplir la commande de doigt coupé…). C’est ici que ressort le passé de cinéaste d’animation d’Aaron Woodley, et c’est aussi là qu’on assiste à la dérive graduelle (fort triste si on est d’humeur sombre) du pauvre orphelin, dont la réalité et les fantasmes s’interpénètrent de plus en plus, y compris sur l’écran du cinéma qu’il fréquente.

Côtoyant constamment le dramatique, le comique se manifeste surtout durant les vols, flirtant avec le ton des films de série Z – je pense en particulier à la scène dans la morgue de l’hôpital, où Chep espère d’abord se procurer un doigt. L’enquêteur de police, avec sa passion pour les comédies musicales, contribue aussi à alléger le ton.

Les acteurs viennent le plus souvent du domaine de la télévision, par exemple Matt Servitto, souvent vu dans Law and Order ou The Sopranos.

Filmé en vidéo haute définition, le film baigne généralement dans une ambiance claire-obscure où domine parfois une lumière rose-sépia, et où les accessoires les plus disparates ajoutent une forte dose d’étrangeté. Les homoncules qui hantent Chep s’avèrent de plus en plus complexes et troublants dans leur composition.

Des mises en abyme, impliquant la maison de poupées qui sert de hobby à Fran, ou encore le film dont Fran est directrice artistique, viennent donner à l’ensemble un ton lynchien. Cependant, les scènes bizarres sont plus souvent pittoresques que sinistres.

Au total, j’ai vu là un excellent premier film ; pour moi, du moins, le nom de Woodley sera désormais à surveiller. [Daniel Sernine]

Bientôt à l’affiche

Heureusement, le cinéma à suspense renaît dès que les classes recommencent. Au programme du prochain trimestre : Hollywoodland et The Black Dahlia (une histoire familière aux fans de James Ellroy), une paire de films explorant d’authentiques crimes tirés de l’histoire de Los Angeles. Toujours dans un registre historique, Flyboys s’intéresse aux pilotes de chasse de la Première Guerre mondiale alors que Fearless nous ramène en Chine au tournant du vingtième siècle.

Ce ne serait pas un automne sans une flopée de prétendants aux Oscars. Les fans de Martin Scorsese tremblent déjà d’anticipation devant The Departed, surtout qu’il s’agit d’un remake américain de l’excellent thriller chinois Infernal Affairs. Mais dans la course aux Oscars, il ne faudrait pas oublier Flag Of Our Fathers, une collaboration Eastwood/Haggis explorant la vie de soldats ayant combattu à Iwo Jima.

Sans compter les films qui ne seront assurément pas dans la course aux Oscars : Saw III, le plus récent épisode de la série d’épouvante ; l’adaptation des jeux vidéos DOA : Dead or Alive ; le film d’action typique The Marine, produit sous les auspices de la ligue de lutte WWE ; ainsi que Alex Rider : Operation Stormbreaker, adapté d’une série de romans extrêmement populaires pour adolescents britanniques.

Mais pour la plupart des cinéphiles, l’automne 2006 sera surtout celui du retour de James Bond dans Casino Royale, un film qui promet une remise à neuf de la série Bond dans une veine plus sombre et fidèle aux romans d’Ian Fleming.

Prometteur. Mais en attendant, bon cinéma !

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