L’Ete Meurtrier (Revue Alibis 11)

Norbert Spehner

Exclusif au volet en ligne (Adobe Acrobat, 1 607Ko) d’Alibis 11, Été 2004

Voici quelques suggestions de bouquins intéressants à emmener sur la plage, à votre chalet, ou à déguster au bord de la piscine avec une boisson fraîche, car en bons lecteurs de polars, mieux vaut tuer le temps et refroidir vos ardeurs plutôt que vos proches voisins !

SULITZER, Paul-Loup
L’Ange de Bagdad
Paris, Éditions 1, 2004, 382 pages.

 [Couverture] Je ne suis pas particulièrement un fan des romans « industriels » de Paul-Loup Sulitzer, l’homme qui écrit plus vite que son ombre, mais je dois avouer que je n’ai pas regretté d’avoir lu L’Ange de Bagdad qui met en scène Michel Samara, un ingénieur et homme d’affaires avisé franco-irakien qui met sur pied une machination machiavélique destinée à ruiner les intérêts personnels et pétroliers de la famille du président américain Georges W. Bush. Avant la venue des Américains en Irak, Samara était chargé d’organiser les exportations clandestines de pétrole brut irakien. Écœuré par les excès sanguinaires du régime de Saddam Hussein, il attendait avec impatience la venue des troupes américaines. Mais après le fiasco de l’occupation, ulcéré par les méthodes brutales et le pillage des ressources de son pays, Samara décide de passer à l’attaque. Avec l’aide de quelques amis bien placés, il va monter une opération financière complexe, ingénieuse, imparable, qui risque de ruiner le président et son entourage. Inspiré de l’actualité immédiate, Paul-Loup Sulitzer se paie un fantasme : humilier l’homme le plus haï de la planète dans une histoire où défilent les acteurs de la scène internationale dont l’inénarrable Saddam Hussein en personne, ses sosies, ses psychopathes de fils, ses sosies, et bien sûr, les Dick Cheney, Bush et autres faucons (pourquoi faux ?) de ce monde. Invraisemblable, bien entendu, mais tellement jouissif !

FALETTI, Giorgio
Je tue
Paris, Flammarion Québec, 2004, 570 pages.
Éd. or. : Io Uccido, 2002.

L’action se passe dans la Principauté de Monaco, pendant l’été de 2002. Un soir, durant son émission, un animateur de Radio Monaco reçoit un appel délirant. Un inconnu raconte d’une voix métallique qu’il est un meurtrier. Avant de raccrocher, il fait jouer un air musical qui est un indice sur l’identité des futures victimes. Tout le monde pense à une mauvaise blague, mais le lendemain, on retrouve les cadavres étrangement mutilés du champion du monde de la Formule 1 et de sa petite amie. C’est le début d’une série de meurtres tous annoncés sur la même émission par un indice musical. L’enquête sera confiée, entre autres, à Frank Ottobre, un agent du FBI et au commissaire de la Sûreté publique de Monte Carlo. J’ai beau être un peu lassé des histoires de serial killers, je dois convenir que celle-ci frôle la perfection. Faletti est un conteur habile avec un excellent sens du rythme. Ses personnages sont intéressants, nuancés et crédibles. Bref, le cliché s’applique : une fois commencé, on a du mal à lâcher ce fichu bouquin. Je tue est le premier roman de Giorgio Faletti. Il a remporté un succès fracassant en Italie où il s’est vendu à plus de 800 000 exemplaires. Dès les premières pages, j’ai compris pourquoi…

FORSYTH, Frederick
Le Vengeur
Paris, Albin Michel, 2004, 375 pages.
Éd. or. : Avenger, 2003.

Il y a trente ans, Forsyth faisait un tabac avec Chacal, un thriller de politique-fiction inspiré par une tentative d’assassinat sur le président français Charles de Gaulle. Le Vengeur est un récit dans la même veine géopolitique. C’est un roman d’action trépidant qui raconte une double traque. L’auteur nous entraîne de l’enfer du Vietnam aux charniers de Bosnie, en passant par les jungles de l’Amérique Centrale.

Tout commence par le meurtre sauvage d’un jeune Américain idéaliste qui s’est rendu en Serbie pour participer à l’aide humanitaire. Malheureusement pour lui, il tombe sur une bande de miliciens dirigée par un dangereux psychopathe qui ordonne son exécution (après torture). Le grand-père de la victime, un millionnaire, va engager Peter Dexter, un ancien rat de tunnel du Vietnam, pour retrouver l’assassin de son petit-fils et le traîner devant la justice. Car tout est là : le salopard doit être ramené vivant ! Encore faut-il le retrouver… Le lecteur n’a aucun répit, il se passe toujours quelque chose même si Forsyth prend bien soin de présenter d’abord les antécédents de Dexter, son cheminement militaire, son idéologie. Le Vengeur nous plonge au sein d’un cauchemar d’une totale actualité, où se mêlent habilement l’angoisse et le meilleur suspense politique. Du grand art…

CRAIS, Robert
Le Dernier Détective
Paris, Belfond (Nuits noires), 2004, 412 pages.
Éd. or. : The Last Detective, 2003.

Je sais que je suis probablement en train de me répéter, mais Robert Crais est un de mes auteurs préférés, figurant dans la liste des dix premiers aux côtés d’Henning Mankell, Ian Rankin, Peter Robinson et autres champions du genre. Le Dernier Détective est un des meilleurs polars de cette première moitié de l’année 2004. Il met en scène le duo Elvis Cole et Joe Pike (quel étrange et inquiétant personnage!) ainsi que l’officier de police Carol Starkey, la miraculée d’Un ange sans pitié. Alors que sa relation avec Lucy Chénier devient de plus en plus problématique, voilà que Ben, le fils de Lucy (âgé de dix ans) est enlevé par des inconnus sous les yeux d’Elvis qui en avait la garde. Un coup de fil du chef des ravisseurs révèle la raison de cet enlèvement. Il y a un lien avec le passé militaire de Cole au Vietnam, avec une mission tragique dont il a été le seul survivant. On l’accuse d’être responsable du massacre de ses amis. Pour Cole et son entourage, le cauchemar commence, car Ben a été enterré vivant. Le temps presse…

Alternant le présent et le passé, Robert Crais nous entraîne sans répit dans ce roman noir à souhait où absolument tout est intéressant. L’intrigue est prenante avec une galerie étonnante de personnages crédibles, sensibles, bien campés. Il y a une expression anglaise consacrée pour ce genre de bouquin : « A page turner ».

COOK, Thomas
Interrogatoire
Paris, L’Archipel, 2003, 293 pages.
Éd. or. : The Interrogation, 2002.

Il y a quelque temps déjà que ce livre est paru mais les bonnes choses ne vieillissent pas et il n’est pas trop tard pour déguster ce grand cru. Assurez-vous cependant d’avoir au préalable, soigneusement coupé vos ongles, sinon vous risquez de vous les ronger en plongeant dans ce huis clos dévastateur dont l’action se passe en 1952.

Norman Cohen et Jack Pierce ont douze heures pour démasquer le coupable du meurtre d’une fillette. Les policiers détiennent Albert Jay Smalls, un vagabond que tout accuse, mais il nie farouchement même si tout l’accable. Air connu ? Certainement, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai hésité longtemps avant de lire ce bouquin… pour me rendre compte, dès les premiers chapitres, de mon erreur. Le roman s’articule essentiellement autour du huis-clos de l’interrogatoire mais, à l’extérieur, il se passe des choses qui modifient régulièrement la donne. Les certitudes s’effritent, les perspectives changent et pendant un bon moment on se demande s’il y aura une issue quelconque à cette situation traumatisante. Il faudra aller jusqu’à l’ultime dernière page pour avoir la réponse à la principale question : qui est le coupable ?

Comme lecteur, il y a longtemps que je ne m’étais fait manipuler avec autant de maestria. Ce Cook sait vraiment nous cuisiner à petit feu !

GRISHAM, John
La Transaction
Paris, Robert Laffont, 2004, 385 pages.
Éd. or. : The Kings of Torts, 2003.

Roman policier ? Pas vraiment… Appelons ça un thriller financier puisqu’il est plutôt question ici de fric que de flics ! Le récit aurait tout aussi bien pu s’intituler « Splendeur et misère de Clay Carter » puisqu’il raconte l’ascension fulgurante d’un jeune avocat, un peu idéaliste, salarié par le gouvernement qui devient du jour au lendemain un chasseur de primes sans scrupule. Grâce à un mystérieux intermédiaire qui agit dans l’ombre, Clay Carter découvre qu’il y a un filon juteux à exploiter : celui des causes collectives contre les grosses entreprises fautives, les laboratoires pharmaceutiques, les fabricants de cigarettes ou de matériaux déficients. Lorsqu’ils sont attaqués pour malfaçon par des plaignants regroupés par milliers en « nom collectif », les coupables richissimes préfèrent transiger rapidement plutôt que d’aller en cour. Les profits sont pharamineux, spectaculaires et des avocats sans scrupule, dont Carter, se bâtissent des fortunes colossales. Mais cette fortune trop facile finira par lui exploser dans les mains. Plus forte sera la chute…

On sort de ce bouquin à la fois fasciné et totalement écœuré par ce monde où l’éthique reste au vestiaire, où tous les coups semblent permis, où les fortunes se font, se défont dans un cycle infernal, en toute légalité, même si les règles du jeu semblent parfois plus que douteuses. Éprouvant, mais intéressant…

TERAN, Boston
Satan dans le désert
Paris, Le Masque, 2004, 380 pages.
Éd. or. : God is a Bullet, 1999.

 [Couverture] Le premier roman de Boston Teran (premier à être traduit mais deuxième dans son œuvre), Mé.ez-vous des morts (Le Masque) m’avait beaucoup impressionné. C’était un récit noir, dérangeant, avec des personnages d’une rare densité, notamment une mère indigne aux accents shakespeariens… Satan dans le désert, son tout premier livre, est dans la même veine noire avec un personnage principal qui n’est pas sans rappeler celui du précédent. L’histoire raconte une traque, qui est aussi une quête et un voyage initiatique au parcours parsemé d’épisodes violents et de cadavres.

Bob Hightower, un flic croyant, plutôt terne, sort de sa léthargie quand son ex-femme est massacrée avec son compagnon, et sa fille Gabi kidnappée. Hightower accepte l’aide de Case, une ex-junkie qui a échappé aux griffes de Cyrus, le chef d’une secte satanique, responsable du massacre. La poursuite de Cyrus à et de sa bande de dangereux fêlés travers les contrées désertiques du Nouveau-Mexique est une véritable descente aux enfers. Hightower et sa copine plongent au plus profond de la barbarie humaine. Personne ne sortira intact de cette folle aventure qui n’est pas recommandée aux âmes sensibles.

Ce livre a obtenu le John Creasey Dagger du premier roman et s’est classé parmi les finalistes des Edgars.

MANKELL, Henning
La Lionne blanche
Paris, Seuil (Policiers), 2004, 430 p.
Éd.or. : Den vita lejoninnan, 1993.

 [Couverture] Selon une (il)logique éditoriale très française, La Lionne blanche est la troisième enquête du commissaire Kurt Wallander, même si c’est la septième à être publiée.

En apparence, il y a deux histoires. La première commence par le meurtre mystérieux de Louise Akerblom, agente immobilière et jeune mère de famille sans histoire, dont le corps est retrouvé dans un puits, le front troué d’une balle. Selon la formule rituelle, la police se perd en conjectures… Pendant ce temps, en Afrique du Sud, un groupe d’Afrikaners fanatiques prépare avec soin un attentat contre Nelson Mandela (ou peut-être est-ce le président de Klerk ?). Une fois les deux affaires mises en scène, le télescopage se produit et la réalité quotidienne de la province suédoise est confrontée à la lutte politique sanglante qui se déroule à l’autre bout du monde.

On sait que Henning Mankell partage sa vie entre le Mozambique et la Suède. Il met à profit ses connaissances de l’Afrique pour nous raconter une histoire qui mêle adroitement procédure policière et politique-fiction. À cause de la partie africaine du complot, Wallander est moins présent que d’habitude, mais La Lionne blanche est quand même une illustration magistrale du talent de Mankell.

ROBINSON, Peter
L’Été qui ne s’achève jamais
Paris, Albin Michel (Spécial Suspense), 2004, 448 pages.
Éd. or. : Close to Home, 2003.

Alors qu’il se la coule douce sur une île grecque, l’inspecteur Alan Banks apprend, en lisant le journal, qu’on a découvert le cadavre d’un de ses amis d’enfance disparu mystérieusement il y a trente ans. Aussitôt, Banks décide de retourner en Angleterre pour aider à l’enquête (son ami a été assassiné) et aussi pour affronter ses démons personnels en rapport avec cette affaire. Au même moment, un autre adolescent disparaît dans des circonstances étranges impliquant un faux kidnapping, une rançon bidon et quelques autres entourloupettes. On retrouve finalement son cadavre. Le garçon a aussi été assassiné. Les deux meurtres seraient-ils liés ?

À cause de la complexité même de ces deux affaires, d’autres enquêteurs interviennent. La séduisante Michelle Hart s’occupe du cas de Graham, l’ami d’enfance de Banks, alors qu’Annie Cabot travaille sur le meurtre le plus récent. Quant à Banks, il s’implique dans les deux affaires, mais c’est la mort de son ami Graham qui l’affecte le plus. Pour Banks, c’est une plongée dans le passé, le sien, mais aussi celui très turbulent de l’Angleterre des années 60. Le récit est truffé de références musicales et un auteur qui mentionne mon groupe favori, les Shadows, ne peut être qu’un homme de goût !

L’Été qui ne s’achève jamais (titre d’une chanson) est un modèle de roman de procédure policière qui confirme que Peter Robinson est un des meilleurs écrivains de polars canadiens et une valeur sûre de la collection Spécial Suspense.

CARVER, Caroline
Carrefour sanglant
Paris, Albin Michel (Spécial Suspense), 2004, 368 pages.
Éd. or. : Blood Junction, 2001.

India Kane, une jeune journaliste doit retrouver Lauren, son amie d’enfance, à Cooinda, un bled infect perdu au fin fond du désert australien pour une expédition dans la nature. Elle ne sait rien de ce trou paumé que les locaux appellent Blood Junction (le carrefour sanglant du titre !). Quarante ans plus tôt, toute une famille aborigène y a été massacrée. Quand India arrive dans le patelin (après une malheureuse panne de voiture dans le désert), son amie n’est pas là, mais les ennuis, oui ! À sa grande surprise, elle est arrêtée par la police locale et accusée d’un double meurtre : celui de Lauren, et celui d’un jeune policier local. C’est le début fracassant d’une aventure échevelée pleine de surprises et de rebondissements. Il s’en passe des choses au pays des kangourous, des vertes et des pas mûres. India Kane est un personnage intéressant, une fille qui a du caractère, qui sait faire face à l’adversité. Et Dieu sait si elle en aura besoin dans ce guêpier où elle s’est fourrée bien involontairement. Elle ignore aussi qu’elle va à la rencontre de ses propres origines. Attention : premier roman étonnant et détonant ! Avec Carrefour sanglant, Caroline Carver fait des débuts impressionnants. Elle s’est d’ailleurs mérité le Grand Prix de la Crime Writer’s Association. C’est tout dire…

JOLOWICZ, Philip
Les Murs du silence
Paris, Robert Laffont, (Best-Sellers), 492 pages.
Éd. or. : Walls of Silence, 2002.

Le début est fracassant… Un matin, à six heures, Fin Border reçoit un étrange coup de fil : son client et ami J. J. Carlson lui propose de venir admirer son nouveau joujou, une McLaren flambant neuve valant un million de dollars. Après une petite virée dans les rues de New York, Carlson fait débarquer son ami puis va se suicider au volant de son bolide, faisant du même coup une quinzaine de victimes dans l’accident qui en résulte. Quand la police commence à embêter Fin Border (la voiture accidentée lui appartiendrait…) sa vie, sa carrière prennent tout à coup une étrange et inquiétante tournure. Quelqu’un cherche à le piéger, quelqu’un désire sa perte, mais pourquoi ?

Après ce début sur les chapeaux de roue, on s’enlise un peu dans les considérations financières et légales, puis le récit redémarre de plus belle pour se transformer en thriller légal mâtiné de roman d’aventures. C’est à Bombay que Fin Border va trouver quelques réponses à ses questions existentielles notamment les circonstances mystérieuses dans lesquelles est mort son père dont le corps avait été retrouvé au pied des tours du Silence, un lieu sinistre où les parsis exposent leurs défunts jusqu’à ce que les vautours n’en laissent que des ossements. Les Murs du silence est le premier roman du Britannique Philip Jolowicz, un spécialiste de la finance internationale. Un début fracassant, disais-je…

TEY, Joséphine
La Fille du temps
Paris, 10/18, 2004.
Éd. or. : The Daughter of Time, 1951.

On me demande parfois quel est le meilleur roman policier que j’aie lu… Il m’est impossible de répondre à cette question en mentionnant un seul titre. Par contre, il y en a deux qui me viennent spontanément à l’esprit parce que je les ai trouvés exceptionnels, originaux, particulièrement ingénieux ou intéressants. Le premier serait La Dernière Sonnette (Série Noire, 1970) de Joseph Harrington, malheureusement épuisé. Le deuxième, ce serait le génial La Fille du temps, de Josephine Tey qui vient d’être réédité dans l’excellente collection « Grands détectives ».

Il s’agit d’un roman historique avec une approche tout à fait originale. Coincé sur son lit d’hôpital, l’inspecteur Allan Grant s’intéresse à une énigme historique : Richard III d’Angleterre a-t-il oui ou non ordonné le meurtre de ses deux neveux dans la Tour de Londres afin de devenir l’héritier de la couronne ? C’est la thèse officielle, mais Grant, qui examine les documents d’époque et qui a tout son temps pour réfléchir, a d’autres opinions sur la question. La thèse que développe Joséphine Tey dans ce bouquin magistral a fait l’objet de nombreuses discussions passionnées parmi les historiens et elle a surtout pour mérite de remettre en cause les dogmes, les certitudes de chercheurs arrogants, intransigeants, sûrs de détenir la vérité. La Fille du temps combine à merveille les meilleures ficelles du roman de détection et les exigences du roman historique. Une réussite magistrale et, peut-être, l’un des meilleurs polars classiques de tous les temps, si une telle chose existe !

PALAHNIUK, Chuck
Berceuse
Paris, Gallimard (La Noire), 2004, 316 pages.
Éd. or. : Lullaby, 2002.

 [Couverture] Berceuse est un de ces OVNIs littéraires qui risque fort de désarçonner l’amateur de polars pur et dur car, dans ce récit plutôt original, rien ne correspond vraiment aux conventions habituelles du genre. Le style est très particulier, il faut quelques pages pour s’habituer au rythme des phrases, à l’emploi systématique du présent. Quant à l’histoire, elle a dû être écrite sous influence…

Le héros est un journaliste qui enquête sur le fameux syndrome dit de la mort subite du nourrisson. Ce qui l’amènera à fréquenter une agente immobilière peu orthodoxe, spécialisée dans la vente de maisons hantées (ce qui lui permet, entre autres, de vendre six fois la même maison en quelques mois !), un infirmier nécrophile et obsédé par le sexe, un écolo radical spécialisé dans des arnaques géniales et une mystique New Age. Tous ces personnages passablement excentriques sont embarqués dans la même quête : retrouver un livre de sorcellerie, Le Livre des Ombres qui contient une berceuse aux effets mortels.

À la fois roman fantastique et polar noir, Berceuse est une de ces œuvres typiques de Palahniuk, une des voix les plus originales et les plus radicales de la littérature américaine de ce début de siècle.

Crimes en vrac…

Ils sont arrivés sur mon bureau, je n’ai pas encore eu le temps de les lire, mais comme ces auteurs sont ce qu’on appelle des « valeurs sûres », je me permets de les ajouter à ma liste de suggestions. Le Peuple des ténèbres (Rivages/Noir), de Tony Hillerman, vient d’être réédité dans une version intégrale et dans une nouvelle traduction. Ce roman est le premier de l’excellente série mettant en vedette le policier navajo Jim Chee. 1980 (Rivages/Thriller), de David Peace, est le troisième volume du Red Riding Quarter, dans lequel Peter Hunter, de la police de Manchester enquête sur la corruption au sein des forces policières, alors que l’Éventreur du Yorkshire continue ses ravages. Une chance de trop (Belfond) de Harlan Coben est le dernier thriller de cet auteur qui manie le suspense avec une rare maîtrise. Prières pour la pluie (Rivages/Thriller), de Dennis Lehane, présente la cinquième enquête du duo Patrick Kenzie et Angela Gennaro, qui affronte un tueur qui ne tombe sous le coup d’aucune loi : ni couteau, ni bombe, ni revolver… Et comme ultimes suggestions, le petit dernier de Mary Higgins Clark, qui a toujours ses adeptes, La Nuit est mon royaume (Albin Michel), une histoire de tueur en série qui s’attaque aux anciennes étudiantes d’une académie réputée, ainsi que La Ligne noire, de Jean-Christophe Grangé, où il est question aussi d’un tueur de femmes.

Mise à jour: Juin 2004

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